Ciné-histoire - 10 avril 2026

Episode 183 April 10, 2026 01:27:40
Ciné-histoire - 10 avril 2026
Ciné-Histoire
Ciné-histoire - 10 avril 2026

Apr 10 2026 | 01:27:40

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Show Notes

Cette semaine, on s'intéresse à la nouveauté L'affaire Bojarski, ainsi qu'à la vieille nouveauté Le rêve américain! On reçoit la porte-parole de la 2e semaine du doc, Nicole Doummar, qui nous parle de l'événement, et Maxence Gagné nous présente Lawrence of Arabia! Enfin, on fait un retour sur le vol. 44 no. 1 de la revue Ciné-Bulles.

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Episode Transcript

[00:00:25] Speaker A: Bon vendredi midi, bienvenue à tous et à toutes à l'émission Ciné-Histoire. Aujourd'hui, très beau programme à l'émission, on va introduire Jade quand elle va arrêter de rire dans le coin. Aujourd'hui à l'émission, on a une entrevue avec la porte-parole de la deuxième semaine du Doc, donc Nicole Doumar. C'est une série de plusieurs documentaires qui sont présentés dans les bibliothèques d'un peu partout au Québec. Il y en a quelques-unes, projections de prévues en estrie, donc on va faire un peu le tour de cette programmation-là, des films que vous pourrez consulter et tout ça. Donc ce sera vers midi. L'année 2015, Maxence Gagné vient nous parler d'un chef-d'oeuvre du cinéma, rien de moins, Lawrence d'Arabie. On va entendre ça en deuxième heure. On va parler également de la revue Cinebulle, volume 44, numéro 1, qui était pour le début de 2015. de l'année, donc ce janvier. Le nouveau numéro est sorti, mais je ne l'ai pas lu encore, donc il y aura un topo éventuellement là-dessus. Sinon, on va parler des nouveautés. J'ai-tu mentionné les nouveautés? Je ne sais plus. Je vais ouvrir ton micro. Ça va Jade? [00:01:46] Speaker B: Oui, ça va bien. [00:01:47] Speaker A: Donc c'est ça, on va parler d'un film qui est déjà à l'affiche, mais qu'on vous suggère une fois de plus, Le rêve américain. On n'a pas pu en parler la semaine dernière parce que c'était congé, c'est ça. Puis nous aussi, on a fait congé. et puis on va parler aussi des faux monnayeurs, l'affaire Bojarski qui prend l'affiche lui aujourd'hui. Il y a juste un autre film qui prend l'affiche aujourd'hui qu'on n'a pas vu, il s'est comme décidé sur le tard je pense, mais c'est Exit 8, un film Je sais pas si c'est coréen, japonais, en tout cas je sais pas trop. Donc qui a eu des bonnes critiques sans plus. On n'a pas vu encore le nouveau Mario. Donc on va attendre que l'affluence soit un peu moindre pour maximiser nos chances de fun dans une salle qui va être bien bondée avec un enfant qui va souvent aux toilettes. [00:02:38] Speaker B: Mais critiques tièdes. Les retours que j'ai vus, c'était pas... À la hauteur des attentes, peut-être, ça avait l'air paresseux. Les gens disaient que c'était peut-être pas beaucoup de recherche ou comme d'effort, mettons, dans le produit. [00:02:53] Speaker A: Ouais, ben j'ai pas aimé le premier, vraiment. Je le trouvais très... C'est sûr, plug. Ben, pas convenu. Juste, il se passe rien, puis on passe d'un niveau à l'autre sans réelle... Ben, histoire. On va dire ça comme ça, là. Il y a pas tant d'histoire. Puis, ben, le 2, ça a l'air que c'est ça, mais en... En plus, donc je ne veux pas dire en pire parce que je ne l'ai pas vu, je ne peux pas juger, mais ça a l'air d'être plus des Easter Eggs. C'est correct, ça plaît à ceux qui aiment évidemment d'amour tous les produits Nintendo et Mario et tout ça, c'est bien correct. Moi qui aime habituellement plus le produit film, ben c'est ça, probablement qu'il ne viendra pas me plaire. Mais bon, on verra quand je finirai bien par le voir. Et puis, ben voilà, si on a le temps, je parlerai d'autres... c'est des vieilles nouveautés, on va dire. Mais en tout cas, on verra si on a le temps. Je veux commencer parce que la grosse nouvelle de cinéma de la semaine, c'est l'annonce d'une grande partie de la programmation du Festival de Cannes. Il reste des films à confirmer, parce que pour l'instant, je pense que c'est seulement 15 films en compétition officielle. D'habitude, on est plus autour de 20-22, si mon souvenir est bon. Donc il reste quelques films à confirmer. Je ne présenterai pas toutes les sélections et toutes les catégories. Fait à noter, il n'y a aucun film canadien ni québécois cette année dans toutes les compétitions. Il reste encore la quinzaine des cinéastes, puis la semaine de la critique, qui sont deux compétitions alternatives, mais qui se passent pendant le festival. qui, habituellement, c'est là qu'il y a plus souvent des Québécois qui sont représentés. Mais c'est ça, je veux passer un peu sur ces films-là. Le film d'ouverture, bien, étant hors compétition, avait déjà été annoncé. C'était «La Vénus électrique» de Pierre Salvadori. L'air d'un film un peu steampunk d'époque. Bien, pas steampunk, mais en tout cas. C'est très le prestige, on va dire ça comme ça. Ça a l'air quand même bien. Grosse compétition, des noms relevés. Alma Dovar qui revient avec Amarga Navidad. Après avoir fait un petit film en anglais, elle revient à une proposition en espagnol. Asghar Farhadi également avec Histoire parallèle. Il y a Charline Bourgeois-Taquet pour La vie d'une femme. Il y a Javier Calvo et Javier Ambrosi pour la Bola Negra. Il y a Coward de Lucas Daunt, qui avait fait Girl il y a quelques années, qui... Ça m'est fait un autre film entre les deux, Close, je pense que c'est ça. On l'avait vu, là, mais c'était... [00:05:23] Speaker B: Les deux petits gars, là. [00:05:24] Speaker A: Ouais, c'est ça. Donc, c'est ça. Et lui, je crois... Je pense que c'est peut-être sa première fois en compétition officielle. Il avait gagné des prix à un certain regard, il avait même été sur le jury, mais bref, c'est ça, c'est une belle promotion. Bon là, je ne m'asseillerai pas avec le titre allemand, mais une proposition de Valeska Grisbach. Sinon, il y a Ryosuke Amaguchi, qui a fait Drive My Car, il y a quelques années, qui revient avec Soudain, donc un film français. Cette fois, Arthur Harari avec l'inconnue Jeanne Eyrie pour Garance. On a Hirokazu Koreda qui fait un film par mois depuis... pas par mois, pardon, un film par année depuis 20, 25 ans. C'est assez... même Quentin Dupieux ne fait pas ça. Faké, Sheep in the Box, donc une nouvelle proposition de Koreda. Il y a Hong Jin-Na, qui propose Hope. C'est un film coréen, le seul de la compétition. Et puis, je rappelle, le président de la compétition, c'est Park Chan-Wook cette année. Donc, est-ce qu'il va faire récompenser l'autre proposition coréenne? Je ne sais pas trop. Mais voilà. Sinon, on a... Quelques jours à Nagui de Koji Fukada. On a Gentle Monster de Marie Kreutzer. On a Notre Salut d'Emmanuel Marre. Christian Mungiu, qui avait gagné la Palme d'Or pour son premier film, je crois. Phoenix? Faudrait que je revérifie. C'est peut-être 4 mois, 3 jours, 3 semaines, 2 jours, quelque chose comme ça. Film sur l'avortement quand même assez fort. Bref, qui revient avec Fjord. Avec Sebastian Stan en... en Père de famille méconnaissable. Vous irez voir les photos. Puis avec Renat Rensvey également. Les Amicius avec Histoire de la nuit. Lachlo Némes pour Moulin. Lachlo Némes avait fait Son of Soul il y a quelques années, donc il s'était mérité l'Oscar, si je ne m'abuse. Pavlikowski revient. Premier film en huit ans, je crois, pour le cinéaste polonais, donc il revient avec Fatherland. Ira Sachs avec The Man I Love, Rodrigo Sorogallien avec El Cerquerido et Andrei Zvazintsev avec le film Minotaur. Ça va être assez prometteur. Il y a quelques films en hors compétition qui ont été annoncés également. Karma de Guillaume Canet. Diamond de Andy Garcia, un film de Nicolas Winding Refn, Her Private Hell, puis il y a un film aussi en quelque part, il y a les séances de minuit, il y a Quentin Dupieux qui revient avec une autre proposition. Puis on avait annoncé également, je ne me souviens plus dans quelle compétition, mais la première réalisation de John Travolta, donc Vol de nuit pour Los Angeles, qui est basé sur un roman, je pense qu'il avait écrit. il y a 30 ans, bref, en tout cas. À suivre, un film assez court, ce que j'ai vu, je pense à peine 60 minutes, donc à voir, mais première proposition à la réalisation pour John Travolta, c'est au moins un objet de curiosité. Donc voilà, c'est pas mal ce qui fait le tour de... La composition de cette partie de la programmation du festival de Cannes, ça va se dérouler dès le 13, il me semble, 13 mai. 13 au 20 quelque mai. J'ai pas les dates sous les yeux, mais ça commence très bientôt. Donc voilà. Il y a d'autres films qui vont être annoncés. On parle peut-être du film de James Gray qui s'en vient. Bref, c'est ça, il y a toujours des questions de droits à libérer. de critères à rencontrer aussi avant d'être dans la sélection, fait qu'à suivre, mais voilà. On s'en va pour ce publicitaire. Au retour, on va vous parler donc de cette deuxième édition de la semaine du doc avec sa porte-parole Nicole Doumart. Restez des nôtres. [00:09:09] Speaker B: Un jour je vais faire un film [00:09:12] Speaker A: Je ferai la prise de son La réalisation Le montage et la direction faux Vous êtes de retour à Ciné-Histoire et c'est aujourd'hui que s'amorce la deuxième semaine du Doc. Donc, pour en parler, on reçoit la porte-parole de l'événement, Nicole Dumas. Bonjour, vous allez bien? [00:09:36] Speaker C: Oui, bonjour Alexandre, ça va bien et vous? [00:09:38] Speaker A: Oui, ça va très bien, merci. Donc, deuxième édition d'une programmation de documentaires projetés dans plusieurs bibliothèques participantes au Québec. C'est une initiative assez récente, on le dit, deuxième édition. Rappelez-nous peut-être l'objectif qui a motivé la création de la Semaine du Doc. [00:09:58] Speaker C: Oui, absolument. En fait, à la base, la semaine du doc est, premièrement, elle est chapeautée par TENC, qui est une plateforme de diffusion de documentaires d'auteurs en ligne. Et on s'est vraiment posé des questions sur comment démocratiser le cinéma documentaire, comment le rendre accessible, et à qui est-ce qu'on voudrait le rendre le plus accessible. Puis, en réfléchissant, on s'est rendu compte que le public en région, souvent, a beaucoup moins accès à ce type de documentaire-là et c'est à ce moment qu'on a eu l'idée d'utiliser, en fait d'aller vers un public déjà existant, d'aller vers des lieux comme les bibliothèques qui ont un public déjà existant. [00:10:40] Speaker A: Puis effectivement, souvent en région, l'accès aux salles de cinéma se fait plus rare. Bon là, ça reste une bibliothèque, on s'entend, mais les lieux de diffusion sont un peu plus rares. Est-ce qu'on parle bien de documentaire, parce que vous mentionnez les documentaires d'auteurs avec cette affiliation-là avec Tank. Est-ce qu'on parle de documentaires québécois seulement ou majoritairement? Comment est construite cette sélection? [00:11:06] Speaker C: Pour la sélection de la semaine du Buck, oui, on parle de documentaires québécois, de productions indépendantes. Parfois, c'est des co-créations Québec et ailleurs. Mais pour la plateforme Tank, il y a vraiment de tout. Il y a du local comme de l'international, mais tout le temps sous-titré en français. [00:11:29] Speaker A: OK. Puis est-ce qu'on parle... Est-ce qu'à l'ensemble de cette semaine, de cette programmation-là, au Quatre Coins du Québec, est-ce qu'il y a une thématique centrale ou est-ce que c'est seulement de la diffusion un documentaire? Ben, je veux dire, sans orientation précise, disons. [00:11:46] Speaker C: Oui. Ben oui, c'est ça, je comprends. Ben, c'est ça. C'est sûr que ce sont des documentaires d'auteurs, mais il y a des thématiques. Comme par exemple, il y a des films qui vont être des thématiques... qui sont des films récents, avec souvent des thématiques, des films plus existentiels, comme À hauteur d'enfant, À la lumière du soir, Okurimono, donc qui vont vraiment explorer comme la vieillesse, la jeunesse, la mémoire, le deuil. On a des films sociaux et politiques, comme Ferme familiale, Circo, Intercepté, Chacapèche. On a des films sur l'environnement. Et on a une particularité, cette année, on offre deux séances de court-métrage. une qui est à coup de cœur, une séance de court-métrage coup de cœur et une séance de court-métrage jeunesse. [00:12:36] Speaker A: Ok, très intéressant. Il n'y a pas de bibliothèque cherbouroucoise qui participe, mais en Estrie, il y en a. Je ne sais pas si vous pourriez nous présenter justement les films qui vont être projetés dans notre région. [00:12:48] Speaker C: Oui, absolument. Donc, il y a deux bibliothèques qui participent à la semaine d'IDOC dans votre région. Tout d'abord, il y a la bibliothèque Pauline Quinlan, qui va présenter le film Intercepté, le 16 avril à 19h. Ensuite, il y a la bibliothèque Gabrielle Giroux-Bertrand, qui projette trois films. Donc, tout d'abord, Expo 67, le 11 avril à 13h30, À la lumière du soir, le 13 avril à 13h30, et finalement, Manicouagan, le 15 avril à 10h. [00:13:23] Speaker A: Puis, c'est ça, la première bibliothèque, elle est à Bromont, puis la deuxième à Cowandsville, donc pour nos auditeurs et auditrices. On avait parlé, dans la lumière du soir, très bon documentaire justement sur la vieillesse, comme vous l'avez mentionné, de Fernand Dansereau. Donc, c'est des très bonnes propositions. Quelle forme prend l'événement? Est-ce que c'est seulement une projection ou est-ce qu'il y a une discussion, une animation? [00:13:52] Speaker C: Oui, c'est ça la discrétion des bibliothécaires, des bibliothèques. Nous, on encourage beaucoup la discussion après la projection parce que ça fait aussi partie de ce qui nous a motivés à proposer des projections dans les bibliothèques. On veut vraiment favoriser les échanges, les questionnements qui peuvent subvenir suite à une projection, mais aussi de façon politique. Donc, la plupart des films sont accompagnés de fiches de médiation où il y a vraiment un résumé des thématiques abordées. Il y a des questions aussi qu'on suggère pour le public. Donc ça, ça vient vraiment aider et offrir un support aux bibliothèques et aux bibliothécaires. au niveau de l'organisation. Puis la plupart des films aussi ont des capsules réalisées par les cinéastes où ils et elles présentent leurs films et répondent à quelques questions au niveau de la jeunesse du projet, comment ils s'y sont pris, puis qu'est-ce qui les a intéressés à faire ce film-là. [00:15:01] Speaker A: J'ai une question qui va être très longue, mais sur la diffusion plus globale, disons, du genre documentaire. Je pense qu'on est dans une période où le documentaire est quand même assez populaire, notamment avec justement peut-être la plus grande facilité d'accessibilité que ce soit avec YouTube ou des plateformes de diffusion comme Tank, même Netflix aussi. Pourtant, on dirait que leur sortie en salle à grande échelle est assez rare, surtout au Québec. Comment ça s'explique ça? Puis, en sous-question, est-ce que c'est justement des endroits comme des bibliothèques ou des festivals ou des cinémas parallèles? Est-ce que c'est pas justement le meilleur endroit pour diffuser les documentaires? Parce que là, on a le temps d'en discuter avec les gens qui l'ont vu avec nous, ce qu'on fait pas nécessairement au cinéma, à moins d'événements spéciaux. [00:15:51] Speaker C: Oui, bien... Tout d'abord, pour la première partie de ta question, et n'hésite pas à me corriger si j'ai mal sévi la question. J'ai l'impression que le style documentaire, c'est un style qui est un peu méconnu encore. On a certaines attentes par rapport à ça va être quoi un documentaire. Et c'est pour ça que le documentaire d'auteur est vraiment intéressant parce que c'est on a vraiment accès à une vision précise, la vision des cinéastes, la vision de l'auteur, puis ça éclate un peu les formes plus attendues, plus conventionnelles qu'on s'attend lorsqu'on parle de documentaire. Donc, j'ai l'impression que ça, ça joue un peu sur pourquoi est-ce que peut-être les gens écoutent moins de documentaires. [00:16:44] Speaker A: Ouais parce que c'est ça, ultimement un documentaire c'est pas un reportage non plus, c'est pas objectif même s'il y en a qui prétendent des fois ou en tout cas que les gens ont peut-être une perception d'objectivité. Reste qu'il y a beaucoup, en tout cas le milieu documentaire est assez stimulé par cette vision-là, le désir de faire un documentaire d'autre genre aussi. [00:17:06] Speaker C: Oui, exactement. Surtout le documentaire d'auteur, c'est vraiment un cinéma qui raconte le réel, qui met en lumière des vraies histoires, des réalités aussi de communautés qui peuvent être sous-représentées. [00:17:23] Speaker D: Puis, [00:17:25] Speaker C: c'est souvent plus subjectif. En fait, c'est très subjectif, le documentaire d'auteur, comparativement à des documentaires qui vont être peut-être plus juste à titre informatif. Il y a des documentaires qui peuvent être à titre informatif, mais ça va plus loin. Ça va plus loin que ça. Ça vient vraiment, ça encourage une certaine sensibilité, une inventivité autant au niveau de la forme que du contenu. Donc c'est vraiment, c'est un peu méconnu. [00:17:59] Speaker A: Oui, puis effectivement, pour compléter justement, je pense que le documentaire est une chose et qu'on absorbe de façon individuelle, mais après ça, c'est d'en discuter, de discuter des enjeux qui sont présentés, qui laissent souvent un peu plus place à discussion qu'un film de fiction ou en tout cas un film qui... Ou même un film qui est juste en projection normale dans un cinéma. Ici, ce que vous souhaitez créer, c'est des lieux de rencontre entre le public, mais aussi intéresser le public au documentaire. C'est vraiment une très belle initiative. J'imagine qu'elle a eu du succès l'an dernier, puisque vous êtes revenue pour une deuxième année. On vous souhaite évidemment bon succès à l'échelle québécoise. Donc c'est du 10 au 19 avril. Pardon, du 10 au 19 août. [00:18:58] Speaker C: C'est exactement ça. [00:18:59] Speaker A: Parfait, donc c'est ça, puis il y aura quatre projections totales en Estrie, mais dans deux lieux différents, à Braumont et à Cowandsville. Nicole Dumas, porte-parole de cette deuxième semaine du Doc, merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous parler et bonne semaine à vous. [00:19:15] Speaker C: Merci beaucoup à vous, bonne semaine. [00:19:32] Speaker A: Vous êtes de retour à Ciné-Histoire. On veut parler d'une des nouveautés qui prend l'affiche aujourd'hui, c'est-à-dire les faux-monnaieurs, l'affaire Bojarski. Une affaire qu'on ne connaissait pas, mais que clairement, je pense, le public français doit connaître. Ça doit être leur... Vincent Lacroix ou leur... je sais plus qui. [00:19:51] Speaker B: Comment ils s'appellent les criminels? [00:19:53] Speaker A: Je cherche le tueur à gage québécois. On avait vu un film là-dessus. En tout cas, Donald quelque chose. [00:19:57] Speaker B: Mais bon. J'allais dire un fait divers, mais non. Le gars a été tellement reconnu dans le fait qu'il faisait de la fausse monnaie. [00:20:08] Speaker A: Contrefaçon. [00:20:09] Speaker B: On l'appelle le Cézanne du foire. [00:20:14] Speaker A: La contrefaçon. [00:20:15] Speaker B: C'est ça. Pour nous, c'est quelque chose de pas connu là-bas. C'est sûr que ça l'est un peu plus. Voilà ce film-là pour se familiariser avec cet homme. [00:20:26] Speaker A: Donc cet homme qui est Jan Bojarski, on va le prononcer comme il faut, un immigrant polonais qui habite en France, qui arrive en France pendant la Deuxième Guerre mondiale. Et puis on retrace une vingtaine d'années de sa vie où d'abord il est connu pour faire des faux papiers, des belles contrefaçons de faux papiers. Jusqu'à un moment il devient, ben il décide de produire, en tout cas il s'associe à un autre criminel qui lui demande de produire des faux francs français, donc les vieux francs français. Donc, c'est ça, puis il va réussir à en recréer presque à la perfection. Puis, ben c'est ça, c'est le coeur de l'histoire, mais en tout cas il y a plusieurs péripéties qui viennent à travers tout ça, à un certain moment il va partir à son compte, on va dire ça comme ça. le faire de son bord, mais c'est surtout qu'il réussit à les faire avec une précision chirurgicale et ce faisant, ben on n'a pas le choix de changer un peu le franc, ou en tout cas à chaque, je sais pas c'est quoi l'intervalle des années qu'il change, mais bref, on change le franc parce qu'il y a trop de contrefaçons, puis il réussit à les recopier malgré tout, puis à chaque fois c'est le nouveau qui est infalsifiables, puis ils sont toujours très [00:21:43] Speaker B: fiers de le dire, puis c'est quand même un running gag dans le film, mais tu dis ça, oui, mais aussi justement dans un contexte avec moyens limités qu'il faut qu'il fasse ça, tu sais, c'est des presses à la main, il se fait sa gravure avec des stylos, tu sais, ça ressemble quasiment à du tatouage, dans des plaques de métal, puis à chaque fois... Parce que c'est plusieurs [00:22:03] Speaker A: niveaux d'impression, de couleurs différentes. [00:22:06] Speaker B: Mais oui, aussi, tu sais, il y a le rouge, le bleu, le jaune, etc., noir, mais bon, on le sait. [00:22:10] Speaker A: La particularité, c'est qu'on nous le montre dès le début, c'est un inventeur. Il invente un peu n'importe quoi, le stylo à billes, des affaires de même. Je n'ai pas fait la recherche, finalement, à savoir s'il avait vraiment inventé tout ça. [00:22:21] Speaker B: Il a inventé Keurig, mais ce n'est pas clair. [00:22:25] Speaker A: Il fait le déo à billes, des affaires de même. [00:22:27] Speaker B: La chaise d'ordinateur. Mais c'est ça que je voulais dire, parce que ces moyens sont limités en équipement. Pour le faire, on comprend qu'il y a quasiment des talks sur le perfectionnisme. Puis que ça devient comme des défis pour lui de recréer les billets. Puis il l'a dit à plusieurs reprises dans le film, de les faire comme ils sont, mais de les faire mieux aussi. Puis tu sais, à chaque fois, tout le monde a toutes les échelles d'autorité qui vérifient les billets d'outre. Comme c'est pas facile à voir, sauf que bon, il y a des petits éléments qui font qu'on le voit pareil finalement. Mais au fil des ans, parce qu'on le suit quand même sur un 15-20 ans, de perfectionnement de sa technique, dans le fond, C'est ça, il a tout inventé, ses machines, pour faire les faux billets. [00:23:18] Speaker A: D'où le raisonnement de la police de dire que c'est impossible que quelqu'un fasse ses propres machines. Donc comment est-ce qu'ils font cette contrefaçon-là? Et ce qui est compliqué, c'est qu'à partir du moment où il ne travaille pas pour une organisation criminelle, travaille pour lui-même, il y a une méthode qui fait que ses billets sont plus difficilement retraçables, mais aussi c'est qu'en volume, il y en a moins parce qu'il est tout seul à juste acheter des choses. [00:23:41] Speaker B: Oui, c'est ça. Puis eux autres, il y a un [00:23:43] Speaker A: enquêteur qu'on suit, Mathie, qui est joué par Bastien Bouillon. [00:23:49] Speaker B: On le suit pendant tout le film parce que ça ressemble beaucoup à Catch Me If You Can, ce film-là. [00:23:53] Speaker A: Faudrait que je le revoie, ça. [00:23:54] Speaker B: Mais on suit cette enquête-là, dans le fond, avec la chasse entre les deux, puis le jeu de pouvoir, le jeu de cerveau entre les deux hommes, puis tout ça. [00:24:04] Speaker A: D'où ma critique du film. Tu m'as trouvé sévère, mais ultimement, je peux étayer mon point, c'est que j'ai écrit sur le film que... Ah bon là, je l'ai perdu là. [00:24:13] Speaker B: Ben que c'était un rêve de narcissique, là. [00:24:15] Speaker A: Oui, ben c'est que... Ben c'est un peu... Calme-toi! Ce que j'ai dit, j'ai dit que malgré les phrases clichés et les situations convenues qui s'accumulent, tant qu'on viendra je pense là, je pense qu'on a tous déjà vu chacune des scènes individuelles dans un autre film avant. Ça enlève pas vraiment au plaisir, je pense que l'histoire est assez intéressante pour qu'on soit calme, qu'on outrepasse un peu le fait «ah oui ok bon». À un certain moment tu dis «ah je t'en ai des femmes qui Ils font rien quand leurs maris font plein de magouilles. Effectivement, il n'y a pas un film qui me vient en tête. [00:24:51] Speaker B: Ce que j'ai dit, c'est que j'ai hâte qu'on le switch de bord, ce scénario-là. Il doit en exister, des femmes qui ont fait des affaires. [00:24:59] Speaker A: Mais il y a ça. Après ça, il y a plusieurs phrases ou situations assez clichées. Mais je continue. J'ai dit qu'il y a quand même un plaisir à prendre à regarder un fraudard qui se prend pour un artiste. Parce que c'est ça aussi. Oui, c'est un fraudeur. Il fait ça pour se sortir lui-même un peu de la misère, pour s'élever socialement. Mais reste que ça prend... Il est le seul à pouvoir le faire parce que c'est un artiste, en tout cas, il est très minutieux dans son travail, ce désir de perfectionnement-là. Donc c'est ça. Mais c'est la deuxième partie, ça reste tout de même un exemple de fausse modestie de la part d'un narcissique en manque d'attention. Ce que je veux dire par là, pis c'est pas nécessairement négatif, c'est que j'ai vraiment bien aimé le film. Ce que je veux dire par là, c'est... C'est un peu plate à suivre des fois des histoires où... Les gens sont trop bons. Ils sont trop bons, c'est ça, ils ont très peu de défauts, mais aussi ils ont... Je sais pas comment... On essaie de nous dire, regardez comment il est bon. Puis regarder comment il est bon à pas le dire à tout le monde, ou à rester sobre, ou à... T'sais, malgré qu'il s'imprime de fausse argent, à un certain moment du film, oui, son niveau social augmente, mais ultimement, ça prend du temps, puis il fait tellement... T'sais, j'essaie de penser à quelqu'un, là, t'sais, c'est... Je ne me souviens plus, mais c'est comme regarder quelqu'un qui travaille dans l'ombre d'un film de mafieux. C'est-à-dire que tous les méchants, ils sont très archétypaux. D'ailleurs, dans celui-là, c'est Pierre Letin qui est le hot-head de l'histoire. [00:26:34] Speaker B: Comme il joue à chaque fois dans tous les films. [00:26:37] Speaker A: Ça ne me vient pas en tête une idée de film, mais un film où le personnage, réussit toute sa vie à camoufler quelque chose, puis là c'est quand il est mort que les gens apprennent que, mon dieu, il a fait tout ça, il y avait une double vie, des trucs comme ça. C'est comme un peu ça, tu sais, je dis une fausse modestie parce que malgré qu'on nous dise qu'il est bon, qu'il est donc bon, qu'il est donc... peu importe, reste qu'il fait ça plus par narcissisme que par argent. Il veut se prouver qu'il est capable de falsifier les billets. Il veut montrer qu'il est meilleur. Il veut même envoyer des messages. Puis c'est là peut-être que ça me gossait un peu. C'est-à-dire qu'il va comme signer ses faux billets d'une certaine façon. [00:27:16] Speaker B: Oui, c'est ça. Son défaut de fabrication est purement intentionnel parce qu'il veut savoir que c'est ses billets et tout ça. Puis, tu sais, à un moment donné, ils se sont rencontrés, l'inspecteur, puis lui, c'est sûr qu'il savait que c'était un l'autre, mais sans le savoir, disons ça comme ça. Puis après, il envoie une lettre, tu sais, puis il l'appelle au téléphone, tu sais, à un moment donné, là, comme... Ben, c'est ça. [00:27:41] Speaker A: C'est ce parti-là, moi, qui m'a peut-être un peu moins plu parce que... Je trouvais ça impressionnant qu'il réussisse à forger ces biais-là, le faire avec la perfection quand il travaille, t'sais, d'une chède, littéralement, dans le fond de sa cour, pis tout ça. Je trouve ça vraiment intéressant, mais ultimement, le personnage me fâche, un peu comme, t'sais, mettons, Gang Ton Ciel qu'on a vu en début d'année. C'est un personnage qui est comme... Il a à peu près tout ce dont il a besoin, mais malgré tout, il est pas satisfait. Pis c'est la même chose que ça, pis t'sais, c'était peut-être, j'veux pas dire mieux fait dans Gagne ton ciel, c'était différemment fait on va dire, mais c'est que, à un moment donné, il devient coquille, Bojarski. Pis t'sais, c'est un biopic là, ultimement, c'est comme ça qu'il s'est arrivé, fait qu'on peut pas non plus tout réécrire, mais j'trouve ça dommage qui a eu cette arrogance-là d'appeler le policier, de courir après le trouble, parce qu'il n'est pas capable de garder le secret. Puis là, c'est drôle parce que je viens de te dévoiler un secret ordonnant tantôt que je ne suis pas capable de le garder. Mais bon, ça, c'était une erreur de notation plus qu'autre chose. Mais bon, c'est ça, il y a... Il n'est pas capable de juste dire «je veux le bien de ma famille». Mais tu veux aussi montrer que tu es bon. [00:28:54] Speaker B: Oui, parce qu'à la base, il y a comme une espèce de tension avec ses beaux-parents qu'on sent tout au long du film, qu'ils vont «provide». Parce qu'on s'entend que ces inventions, c'est un immigré, dans le fond. [00:29:07] Speaker A: Un inventeur raté. [00:29:08] Speaker B: C'est ça. Ses idées sont super bonnes, il y a des brevets avec ses figures, mais ça ne se fait jamais «pick up». Il passe toujours en dessous des Français. On le dit plusieurs fois. Il y a cette espèce de vengeance sur les Français et le système. C'est dit, ce n'est pas moi qui l'invente. Il y a ça et il y a aussi prouver à sa femme et à ses parents qu'il est capable de subvenir aux besoins de sa famille. Je le disais pendant qu'on le regardait, parce que le film est long quand même. Il y a comme un petit ralentissement, à un moment donné, l'enquête se perd un peu, puis là, on assiste plus à sa montée sociale. [00:29:44] Speaker A: C'est qu'il y a beaucoup de rédondance aussi, à part le billet qui change. [00:29:48] Speaker B: En effet, je trouvais que ce qui était le plus intéressant dans le film, c'est la chasse, puis son statut qui augmente. Je m'en fous, puis je n'ai pas le goût de voir... Moi, personnellement, j'ai pas le goût de voir les nouveaux cadeaux que tu fais à tes enfants et tout ça. Ce qui m'intéresse, c'est les machines, le processus technique, parce que c'est subtil dans le changement, mais tu sais, il va changer d'appartement, il va se bâtir son atelier, puis il bâtit tout son équipement, puis le film se termine évidemment avec du texte, puis avec des images d'archives, c'est quand même super intéressant. [00:30:20] Speaker A: Ce qui renforce le fait qu'il est très narcissique. Il veut montrer aux gens comment il le fait. [00:30:26] Speaker B: Oui, mais moi, j'ai full aimé ça. [00:30:27] Speaker A: Mais c'est correct. Ça ajoute de la profondeur au personnage, mais c'est juste comme, pas savoir que c'est une histoire vraie. Si ça avait été de la fiction pure et dure, le film m'aurait fait décrocher parce que je fais comme, mais non, c'est pas comme ça qu'on agit. Si tu veux vraiment... [00:30:41] Speaker B: Je comprends ton point, mais c'est pas ça qui m'a dérangée. C'était plus au niveau du rythme, le dosage et tout. J'aurais voulu que ce soit beaucoup plus intense entre les deux hommes, mais ce l'est. Mais quand l'enquête est moins présente, c'est moins le fun, le film. Puis la meilleure scène du film, à mon avis, c'est leur confrontation face à face à Vichy. Puis après, tu sais, je te disais, d'après moi, le film va se terminer, qu'il se fera même pas attraper, puis que ça va être comme une relation de respect, là, entre les deux hommes, parce que c'est un peu ça aussi qu'on regarde. Tu sais, il va le voir, il se fait arrêter, il va le voir en prison, puis là, il va dire, ben, on pourrait réduire ta peine si, tu sais, peu importe. Puis là, il dit, ah! Le gouvernement ne voulait pas m'engager pour faire leur billet. Bien, of course, c'est ça. Mais j'aime ça. Leur dynamique à deux était super le fun à regarder. Puis c'est les inventions à chaque fois, puis à quel point ils perfectionnent son système. Puis à la fin, justement, on voit ses vraies machines et tout. Puis c'était fou, son degré de minutie et tout ça. Puis moi, c'est plus ça qui m'a fait aimer le film. Puis j'ai vraiment passé un excellent moment, mais c'est un peu long. [00:31:45] Speaker A: Ben c'est ça, c'est un peu long pis moi ultimement c'est juste que c'est très, ben pas en dents de scie là, mais à un certain moment tu sais, tu t'accroches à ce personnage-là qui vit de la misère, qui veut s'en sortir, mais à un moment donné je peux plus m'y attacher à ce personnage-là parce que là il veut juste show-off qui est bon. [00:32:01] Speaker B: Mais c'est intéressant ça parce que j'ai pas ressenti de sympathie pour ce personnage-là. Je voulais pas nécessairement qu'il gagne. Ce que j'aimais voir c'est le Ocean Eleven de la chose. [00:32:12] Speaker A: C'est parce qu'il est pas charismatique. J'allais pas dire qu'il est pas intéressant mais il est très sobre. Il essaie de rester dans la sobreté mais c'est pour ça que je dis de la fausse modestie. C'est-à-dire, tu fais ça mais ultimement tu voudrais quand même que Tu voudrais être cette personne-là, ce Al Capone, la figure emblématique, mais tu peux pas, ou tu veux pas, ou en tout cas, bref. Il y a beaucoup, puis il va falloir qu'on t'aime rapidement, mais peut-être sur la reconstitution d'époque aussi que t'as bien aimé. [00:32:43] Speaker B: C'est exactement là que je m'en allais, parce que tu nommais Al Capone. Au-delà des personnages et de l'histoire en tant que telle, le set-up de ce film-là est extraordinaire. C'était beau, c'était vraiment le fun, la photographie, super belle. J'ai l'impression qu'on n'a pas souvent vu ce film-là en France. C'est super le fun d'avoir ça comme produit, je trouve. [00:33:02] Speaker A: Film de mafieux, il y en a moins. [00:33:04] Speaker B: C'est ça, un peu du crime, puis après ça, ça s'en va dans la reproduction. J'ai tout aimé de ce film-là, sauf sa longueur et son rythme. [00:33:13] Speaker A: Jean-Paul Salomé avait réalisé La syndicaliste, on en avait parlé il y a un an ou deux, je pense. Il avait fait un des Arsène Lupin aussi, je ne sais plus à quelle époque, début des années 2000, je pense. Il avait fait également Les femmes de l'ombre, qui avait eu une belle résonance en 2008. Bref, c'est ça, on vous le conseille pour vrai. C'est pas exempt de défauts, mais c'est assez intéressant et assez pertinent. Je crois qu'il y a beaucoup de... C'est ça, beaucoup de... ...layers, je sais pas si... De couches. Ouais, c'est ça, de couches intéressantes. Bref, dans ce film-là, Les faux-monnailleurs, l'affaire Bojarski de Jean-Paul Solomé. Ça prend l'affiche aujourd'hui à la Maison du cinéma. On s'en va en pause publicitaire et au retour, je vous fais un topo sur le volume 44, numéro 1 de Cinebull. Je vous présente les faits saillants de la revue Cinebule, le cinéma d'auteur avant tout, volume 44, numéro 1, donc pour l'hiver 2026, qui est disponible dans la plupart des bibliothèques ici sur le campus et en ville. Une revue qui met de l'avant le documentaire de Jonah Malak, Mais où va-t-on, coyote? On en a parlé à l'émission il y a quelques semaines déjà. très bon documentaire sur les anges du désert qui vont aider en fait les migrants qui traversent la frontière entre les États-Unis et le Mexique et qui parfois se perdent ou meurent et tout ça. Vous irez écouter la chronique qu'on a fait sur ce documentaire, mais il y a une entrevue donc de Charles-Henri Ramon avec le réalisateur Jonah Malak. Une entrevue très intéressante sur les quatre ans qu'ont pris le tournage et puis le rapport entre évidemment les deux personnages centraux qui s'occupent de secourir les personnes et puis ce qu'on peut montrer ou ne pas montrer. Bref, elle explique ici plusieurs choix artistiques qu'il a fait et son approche en fait du traitement. de cette histoire très particulière. Allez voir ce film-là, je pense qu'il est à l'affiche dans quelques salles encore aujourd'hui. On a un avant-plan sur le film «Miroir n°3» de Christian Petzold. C'est Marc-Antoine Lévesque qui écrit une petite critique là-dessus. Ensuite, il y a un entretien avec Marianne Métivier, la réalisatrice «D'ailleurs la nuit» qui prend l'affiche le 12 février prochain, le 13 février prochain, pardon. Donc, vraiment sur son approche artistique pour ce premier long-métrage de qu'elle propose, une réalisatrice philippino-canadienne qui questionne beaucoup notre rapport avec la nature et qui a mis beaucoup de travail, évidemment, dans la prise de son. C'est un film qui a un personnage principal qui prend des sons de la nature, donc une exploration très métaphysique et philosophique un peu de notre rapport à la nature et un plaidoyer pour un retour, justement, vers la nature. On a ensuite dans la section perspective, cinéma de genre québécois contemporain, le réel comme terreau. Un article très intéressant de Solène Darnoud de Fleury qui s'intéresse aux films de genre québécois qui semblent se multiplier depuis les dernières années. On retourne évidemment à ses premiers films de genre, on l'identifie 51-50, Rue des hommes et Les 7 jours du Talillon. deux adaptations de romans de Patrick Sénécal comme peut-être le point tournant vers un retour à ce cinéma-là. Donc ça interroge donc aux films fantastiques, aux films d'horreur, aux films polars, aux satires, donc un beau tour d'horizon pour vrai du cinéma des dernières années puis peut-être peut-être moins de frilosité par rapport aux organismes subventionnaires pour financer ce type de projet et un engouement certain du public envers ces projets-là. Ensuite, on a eu un grand entretien avec Robert-Marcel Lepage, un compositeur qui a travaillé beaucoup à l'ONF et a travaillé également à l'international avec François Bouvier, Bernard Raymond, Benoît Pilon, Catherine Martin, François Delisle récemment. Donc un très bel entretien sur ce compositeur et sur son rapport à la musique et également son approche à travers les différents projets. On a par la suite, on poursuit les avant-plans, on a fait les critiques, et Martin Gignac nous propose la sienne du film Valeurs sentimentales de Joachim Trier. On a un hommage à Cheki Carrillo, un cinéaste, donc... cinéaste européen qui a travaillé, pardon pas cinéaste, mais acteur en fait, donc européen qui a travaillé aux États-Unis, qui a travaillé également en Europe, donc qui s'est éteint là en 2025. Ensuite, dans la section histoire de cinéma, c'est Marie-Claude Mirandaite qui nous propose un tour d'horizon de Frankenstein, la version de 1931 de James Whale. un peu en concordance avec la sortie de la nouvelle version de Guillermo del Toro sur Netflix à l'automne dernier. Donc, fait un petit tour d'horizon, oui, de son autrice, Mary Shelley, et de ce qui a mené un peu au succès de, oui, de Frankenstein, mais également du film de monstres en général, Universal, dans les années fin des années 20, début des années 30, et était vraiment dans... l'adaptation de ces grands récits de monstres avec de Mommy, avec Dracula, donc voilà. donc elle s'interroge donc sur cette version et qui a mis de l'avant Boris Karloff donc pour la suite et ensuite on tombe dans le cahier critique là il y a des critiques successivement de l'agent secret de le blues du bleuet de bugonia de chronique d'une ville des choses à tuer d'alireza katemi de gagne ton ciel de mathieu denis de l'incroyable pardon femme des neiges d'invisibles de juna schiff Le Mauvais mari de Zakaria Kounouk, Montréal ma belle, qui va sortir prochainement, On vous croit, donc film français, et Space cadet également, donc The Kid Koala, et puis même chose, Un simple accident également, Jafar Panehi, donc on en profite pour faire un mélange de rattrapage de films qui sont sortis à l'automne, et de films qui vont prendre l'affiche cet hiver. Le dernier article, c'est sur «Vies privées» de Rebecca Zlotowski, qui est sorti tout récemment. Voilà, c'est ce qui fait le tour de ce volume 44 n°1 de la revue Cinebull, qui est disponible à la Bibliothèque Roger Maltais ici et à la Bibliothèque Éva Sénécal au centre-ville. Évidemment, vous pouvez toujours vous abonner. C'est 30 $, je crois, pour avoir les copies physiques de l'année, donc quatre numéros. C'est pas très très cher, puis c'est une revue très très pertinente et très intéressante, donc voilà. Vous êtes de retour à Ciné-Histoire. On fait un peu de rattrapage en ce moment. On va parler du film Le rêve américain qui a pris l'affiche la semaine passée à la Maison du cinéma. Nouveau film de Anthony Marciano qu'on avait... Ben... Je pense pas qu'il y ait aucun autre de ses films qui s'est rendu jusqu'ici, mais il a fait beaucoup de comédies. Robin des Bois, La véritable histoire, Les gamins, puis... Play, j'imagine. Ouais, je pense que ça s'appelle juste comme ça. Il n'y a pas fait une tonne de films qui sont rendus jusqu'ici, mais là, clairement, on est à un autre niveau de production. On voit que le film a quand même les moyens de Ça, j'ai trouvé ça bizarre, les moyens de Prime et de Netflix, il me semble. En tout cas, il y avait comme deux gros... Je pense que c'est peut-être Amazon. Ah ben, c'est ça. J'ai dit Prime. [00:41:33] Speaker B: C'est ça que j'ai manqué, là. Je le sais pas. [00:41:34] Speaker A: En tout cas, il y avait comme deux plateformes de streaming. Je pense que c'est Prime et Disney+. Ou quelque chose comme ça. Mais je sais que les affiliations de studios sont différentes de pays en pays. Ça fait que c'est peut-être pour ça. Ouais, c'est ça, je pense. Bref. Donc... On est dans quand même une grosse production. Ça raconte l'histoire fait vécue, qu'on ne connaissait pas, encore une fois. [00:41:56] Speaker B: Mais en France, c'est ça que j'ai connu. [00:41:57] Speaker A: Mais ça fait quasiment qu'il vient de regarder un biopic de quelqu'un que je ne connais pas. Quelqu'un que je connais. Maintenant, il y a Michael qui sort la semaine prochaine. Je ne sais pas s'ils vont parler de toutes ces squelettes dans le placard. Surtout que c'est son neveu qui le joue. Ou en tout cas, je ne suis pas quelqu'un de sa famille qui le joue. Mais bon, on dirait que j'ai plus l'impression... Tu sais, quand, mettons, un cas comme Bohemian Rhapsody, tu sais, je connais bien l'histoire de Freddie Mercury et de Queen, puis là, j'ai l'impression qu'on me liste Wikipédia. Mais quand c'est quelqu'un que je connais pas, peut-être qu'on le fait aussi, mais je le remarque moins des fois. Je suis comme, OK, cette scène-là, elle existe parce qu'il y a une ligne en quelque part qui dit que c'est elle. [00:42:30] Speaker B: Oui, mais justement, à ce sujet-là, j'ai vu la fin du film, j'ai lu des reviews après, puis j'ai vu quelqu'un qui disait, «Ah, à partir du moment où le film a commencé, je savais qu'il allait finir exactement de la façon qu'il finisse, parce que si on les connaît, on connaît.» Parce que c'est quoi ce film-là? [00:42:46] Speaker A: Ça raconte l'histoire d'Ubunandiye et Jérémie Medjana, qui sont deux prétendants, pas prétendants, mais qui commencent leur business de basketballeurs, donc de joueurs de basket. C'est un sport qui est très... Très apprécié en Europe en général, en France beaucoup, même quasiment plus qu'au Canada j'ai l'impression. Quand je suis allé en France, quand on est allé en France il y a 2-3 ans, c'était les Jeux Olympiques de Paris, il y avait du basket, il y avait des épreuves, tout le monde parlait de basket, peut-être parce qu'on était américain. C'est très populaire et d'autant plus qu'ils commencent à avoir des bons joueurs français et européens aussi. On les suit ces deux agents alors qu'ils démarrent leur business et tentent absolument de trouver un prospect qui va se ramasser dans le draft, éventuellement être pêché dans la NBA, mais aussi juste se rendre dans le draft. d'attirer l'oeil des recruteurs des équipes de la NBA. Là où je dis qu'il y a plus d'argent, c'est que c'est les vrais noms d'équipes aussi. Ça aussi, il faut libérer des droits. Ils sont visiblement allés... Non, c'est ça, je pense qu'ils ne sont pas allés à New York, ils ont tourné à Montréal. [00:43:57] Speaker B: Ils ont tourné à Montréal pour les équipes, puis le draft et tout ça. [00:44:00] Speaker A: Mais déjà, ils ont tourné à l'international parce que l'architecture... européenne et américaine n'est pas la même. Ils n'ont pas essayé d'aller tourner dans le quartier moderne de Paris juste pour nous dire qu'ils sont à New York. Bref, c'est ça. Un film avec plus de moyens, avec deux interprètes qu'on aime beaucoup, je pense Jean-Pascal Zaddy et Raphaël Kenard, qui sont très très bons, même si Zaddy a peut-être un rôle un peu plus sobre que ce qu'on le connaît. On l'avait vu, je pense, Coupé. [00:44:27] Speaker B: C'est un duo qui font beaucoup de choses ensemble et les deux jouaient dans Coupé, qu'on avait bien apprécié. [00:44:34] Speaker A: Oui, vraiment. C'est ça, donc un rôle un peu plus sérieux peut-être pour Zadie. Puis, c'est ça, classique biopic, c'est-à-dire on part du bas de l'échelle puis on monte tranquillement, peut-être un peu trop classique. [00:44:46] Speaker B: C'est difficile de savoir si c'est une histoire vraie ou pas. Mon review sur Letterboxd, c'est très court. J'ai quatre mots. J'ai écrit «The pursuit of draftiness». Parce que c'est Si vous l'avez vu, Pursuit of Happiness, c'est ça, mais au basketball. une histoire qui n'existe Il faut s'atteler un petit peu. Ça me pas. C'est une histoire qui fait n'existe pas. C'est une histoire qui un peu décrocher. n'existe pas. [00:45:16] Speaker A: Dans le sens où toutes les malheurs leur arrivent. [00:45:18] Speaker B: C'est parce que tout va mal tout le temps et il n'y en a pas d'espoir. Les gars ont du talent. Ils sont capables de faire ce qu'ils font. Ils ont le flair pour les bons joueurs. Mais là, c'est qu'à chaque fois qu'il y a comme de quoi qu'il va somme toute un peu bien ou qu'il commence, parce que c'est difficile bâtir ça, faut que tu dépenses énormément d'argent puis t'en fais pas pendant longtemps. [00:45:40] Speaker A: D'où le titre Le rêve américain. Je pense que l'idée, c'est plusieurs choses, ça englobe plusieurs choses de rêve américain, mais fake it till you make it. C'est pas mal ça. Et l'apologie du capitalisme, de comme, montre que t'as de l'argent, puis tu vas faire de l'argent. [00:45:54] Speaker B: Ce qui n'est pas nécessairement des bonnes valeurs. Mais c'est ça, faut dépenser pour faire de l'argent. Mais tu sais, ça c'est un signe quand même assez populaire. Mais je ne suis pas contre le signe non plus. Mais je veux dire, crime, ça en prend au moins une petite base. Fait qu'on les voit s'endetter beaucoup. C'est un peu comme l'autre, l'inventeur, que ses inventions ne marchent pas. Bref, tu sais, monétairement, c'est difficile à regarder, ce film-là. Moi, j'ai besoin... J'ai besoin qu'on me donne quelque chose à un moment donné. Pis t'sais, ça arrive dans les cinq dernières minutes du film. Pis c'est le fun, pis le pay-off est cool, mais pas assez, je pense, pour tout ce qu'on a enduré jusque-là. [00:46:28] Speaker A: Pis t'sais... Penses-tu que si tu savais que c'était de un, une histoire vraie, pis de deux qui finissent bien, penses-tu que ça t'aurait... réconforté de savoir que ça finit bien? Est-ce que ça t'aurait réconforté de savoir que ça finit bien? [00:46:50] Speaker B: parce que c'est ce genre de film-là, puis ça a toute la recette gagnante, sauf que c'est long avant qu'on y arrive, puis c'est qu'à chaque fois que ça commence à bien aller, il y a comme de quoi qui arrive qui les fait reculer beaucoup, puis c'est long, [00:47:07] Speaker A: c'est parce que... T'aurais aimé, mettons, qu'il y ait plus de scènes, que ça aille bien, mais je veux dire qu'une fois qu'ils ont réussi à faire du succès, tu sais qu'on aille à 20 minutes de fun. [00:47:16] Speaker B: Oui, tu sais, un petit montage rapide avec de la musique. Mais il n'y a pas ça. Mais c'est parce que c'est ça. Moi, je ne suis pas quelqu'un de résilient dans la vie. Tu sais, si je me fais trop chier, je vais laisser faire. Puis là, je n'aurais pas poursuivi cette voie-là. [00:47:32] Speaker A: J'aurais dû lâcher le morceau. À la limite, ils étaient quasiment des martyrs, quoi qu'ils soient de l'artisan de leur propre malheur, mais c'est ça, ça va tellement mal. On est comme dans un Marty Supreme ou un Uncut Gems. Mec, ces deux films-là finissent pas bien. [00:47:44] Speaker B: Ça se peut, mais j'ai pas vu Marty encore. Mais tu sais, c'est ça, c'est que je pense que j'ai de la misère à... Donne-moi ça un petit peu plus, mais oui, si j'avais su leur vraie histoire et tout, mais après, j'étais allée faire des recherches, j'étais comme bon... OK, ils ont une évaluation de network de 15-16 millions, ce qui n'est pas beaucoup pour les contrats de Basse-Canada. Mais ils ont réussi à percer le milieu qu'ils voulaient. Je suis super contente de voir que ça fonctionne pour vrai. À la fin, il y avait du texte, il y avait des images d'archives. C'était comme le fun. de voir ça. Puis justement, c'est que dans les reviews Letterboxd, j'avais vu des Français qui disaient, au début du film, je me suis dit qu'il allait finir avec tel joueur qui ont signé. Puis là, à la fin du film, il arrive, il le voit, mais comme dix ans avant, fait que le gars, c'est encore un adolescent. Puis là, il prend son nom en note quand même. On ne revient jamais vraiment là-dessus, mais là, il échappe son papier à terre, puis là, t'es comme «Ah, mais qu'est-ce qu'il voulait faire avec ça?» Puis là, j'avais des gros frissons, tu sais. Puis là, finalement, c'est ça, parce que ce gars-là, qui est vraiment très grand, là, qui a été... Non, mais vraiment, tu sais, qui a été signé, justement, qu'on dit déjà que c'est le meilleur espoir, le meilleur joueur de tous les temps, puis ça. Ce qu'ils ont fait, les gars, qui est quand même le fun, c'est qu'il n'y avait pas de Français dans la NBA avant. Il y en avait un ou deux, puis on rencontre cet agent-là aussi dans le film, qui n'est pas nécessairement une bonne personne. [00:49:07] Speaker A: Non, c'est ça. [00:49:08] Speaker B: Puis un crook. [00:49:09] Speaker A: Les agents en général, ce n'est pas des gens... [00:49:11] Speaker B: Mais eux autres, ils essaient de percer ça. Puis tu sais, comment tu fais justement quand tu ne connais pas comment ça marche? Ils distribuent des cartes, ils ne sont pas full à l'aise, puis tout ça. Puis là, en plus, aujourd'hui, oui, mais Colin, c'est tout un chemin pour s'y rendre. Puis là, j'étais vraiment contente qu'il réussisse, mais c'est faux. Puis c'est un super beau film. Probablement que je le re-regarderais, mais considérant que je sais que ça finit bien, parce que ce n'est pas toujours évident. [00:49:38] Speaker A: On allait dire que c'est un feel-good, c'est pas vraiment un feel-good, mais c'est un film de très grand public, ce qui vient avec ses défauts aussi, mettons, de scènes qu'on a déjà vues ailleurs, surtout pour des drames sportifs et tout ça, ce qui fait que peut-être les personnages ont moins de personnalité, ils sont très cadrés, on va dire, ça reste un biopic, parce que c'est deux acteurs que je sais qui aiment se mettre en danger, surtout du côté comique, puis ici, ben, ils ont plus de retenue, mettons, parce que c'est pas un quentin du pieu, c'est pas... [00:50:07] Speaker B: Ils les ont pris parce qu'ils sont des copies conformes des gars qui jouent. [00:50:11] Speaker A: Oui, il y a ça. Ce sont des bons acteurs aussi qui sont populaires. Honnêtement, c'est un très bon casting parce que tout le reste, la moitié parle anglais et l'autre moitié, on ne les connaît pas. Le film repose vraiment sur ce tandem-là. C'est ça, film très efficace dans le genre grand public. Ça le fait, pour vrai, c'est pas cringe, c'est pas... Encore une fois, quelques longueurs ici et là, plus dû, je pense, à l'accumulation des mauvaises situations, plus qu'à un problème de rythme, je pense. Mais c'est ça, film très efficace, à gros budget. [00:50:46] Speaker B: C'est très drôle aussi, c'est vraiment du gros humour dans le film. Mais c'était super bon. Mais c'est ça, il faut savoir que ça va bien à la fin. [00:50:55] Speaker A: Ouais, c'est ça. Faites-vous-en pas. Mais allez voir ça, Le rêve américain. Pour vrai, deux bonnes propositions françaises dans ce moment. À la Maison du cinéma, mais dans les cinémas québécois. Donc allez voir ça. On s'en va pour ce publicitaire. Au retour, c'est Maxence Gagné qui vient nous parler de Laurence d'Arabie, que j'ai regardée pour l'occasion. Et j'ai bonifié ma note, pour vrai. Maintenant, c'est un film 5 étoiles, selon moi. On l'avait vu. [00:51:19] Speaker B: Oui, on l'a déjà regardé. Puis je pense que c'est le film préféré de Spielberg. Puis j'étais comme, ah fou, j'aime ça. Puis j'ai pas aimé ça. [00:51:25] Speaker A: Non, t'as aimé ça, mais en tout cas, c'était dans notre passe où on regardait des films le matin. Ça prenait du temps. Ça fait quand même 4 heures. Bref, c'est ça, on vous parle de tout ça au retour de la pause. Vous êtes de retour à Ciné-Histoire et c'est l'heure d'aller rejoindre Maxence Gagné, notre chroniqueur invité. Salut Maxence, ça va bien? [00:51:58] Speaker D: Ça va très bien et toi? [00:51:59] Speaker A: Oui, ça va super bien, merci. Aujourd'hui, mon Dieu, je pense que tu t'attaques au classique du cinéma, assurément, mais peut-être un des films les plus... un des plus grands classiques jusqu'à présent, je crois, dans ta série de chroniques, à moins que j'en oublie un en quelque part. Mais c'est ça, un monument vraiment du cinéma dessiné David Lean, Laurence d'Arabie. Explique-moi un peu ton choix derrière ta sélection. [00:52:28] Speaker D: Tout d'abord, David Lean, j'étais un peu... L'ignorer, ça avait été un peu une erreur de ma part, parce que c'est un cinéaste qui avait... Quand j'étais plus jeune, disons, je sais pas, peut-être 12-14 ans, quand je découvrais un peu les auteurs du cinéma, c'était un cinéaste... que je regardais beaucoup, qui m'avaient marqué au point que, je pense, La Rense d'Arabie, ça a peut-être été mon 250e film à vie ou quelque chose comme ça. Puis j'avais tellement apprécié à l'époque que j'avais décidé, pour me créer une tradition plus que pour la suivre, à chaque, mettons, milestone, pour mon 500e film, de regarder le film de David Lean, pour mon millième film, de regarder aussi un film de David Lean. C'était parti comme ça un peu, puis je regardais évidemment certaines de ses films moins majeurs, comme Brief Encounter. C'est un très bon film, mais souvent on pense à ses films épiques, à David Lean, donc j'en regardais aussi un peu entre deux des films de sa filmographie. Donc ça, The Bridge Under the River Equest, c'était mon 500e film, puis Dr Givago, je pense que c'était mon 1000e film. Fait qu'en tout cas, il y avait une espèce d'aura autour de lui, pis après je sais pas pourquoi, quand je me suis... intéressé plus au cinéma international, peut-être en commençant par La Nouvelle Vague, j'ai un peu... pas que je l'aimais moins, mais je l'ai un peu oublié. J'étais plus focussé sur d'autres choses, comme les chroniques, peut-être, peuvent en témoigner aussi. On a parlé beaucoup de films d'art et de dessin étrangers. En faisant Luchino Visconti, qui était un peu dans la même catégorie des cinéastes, que je me demande pourquoi j'ai attendu aussi longtemps pour en parler, j'ai pensé à David Lean. Ça a aidé aussi que dans The Damned, qu'on a chroniqué, il y avait la musique du Dr Zhivago un peu détournée. Il y avait quand même le thème de Lara. Au début, je pensais faire «Docteur Jules Vagueau », mais je me rendais compte. Je préfère encore «La rance d'Arabie» avec «Pourquoi pas». À mes yeux, c'est un grand classique qui mérite de l'être. Je ne pense pas que personne qui s'intéresse au cinéma va le découvrir. de quoi aujourd'hui, c'est pas une pépite rare là, c'est je pense cinquième film du top de l'AFI, dans le top 100 de Sight and Sound, dans le top 100 d'IMDB, le top 100 de Letterboxx, le top 100 du BFI, puis on a tous les deux mis 5 étoiles au film, puis Roger Thurber t'a mis 4 étoiles sur 4, c'est quand [00:55:27] Speaker A: même... Est-ce qu'il reste des choses à dire dessus? Ouais c'est ça. [00:55:31] Speaker D: Je sais pas s'il reste des choses à dire, mais bon on peut des fois... Peut-être, en tout cas, au moins des choses, en tout cas. [00:55:39] Speaker A: L'occasion vient aussi du fait que tu t'es procuré la copie 4K, copie que j'ai également, on n'a pas la même édition, mais bref. Puis, tu sais, s'il y a un film qui bénéficie de ce type de traitement, de restauration, c'est assurément Lawrence d'Arabie qui... C'est magnifique. Il était très beau quand même sur DVD ou sur Blu-ray, mais en 4K, c'est quelque chose. Ça nous aura permis au moins de regarder nos copies physiques parce qu'il n'est pas disponible, le film, en streaming à l'heure actuelle sur les plateformes. Il est disponible en location et tout ça. Mais oui, c'est magnifique. Laurence Darabie, raconte-nous peut-être brièvement ce que ça raconte comme film. [00:56:25] Speaker D: Donc c'est à propos d'un officier britannique qui a réellement existé, qui s'appelle T.E. Lawrence. Je pense Thomas Edward Lawrence, si je ne me trompe pas. et qui se porte volontaire durant la Première Guerre mondiale pour essayer d'organiser une révolte arabe contre l'Empire Ottoman. Le film se passe surtout, je pense, en Jordanie et en Syrie. Donc, le film présente ça un peu comme si elle était toute seule. J'ai lu qu'historiquement, ce n'est pas exactement comme ça qu'il s'est passé. Fait une meilleure histoire. C'est Lawrence, il va être surnommé Lawrence d'Arabie dans le film, puis aussi dans la vraie vie. Je pense qu'il est sûrement plus connu sur ce surnom-là. que par son prénom, disons. Et c'est quelqu'un de très excentrique, autant dans le film que dans la vraie vie. Donc, c'est ça. On suit ces tentatives un peu de lone wolf, de solitaire, pour unir ces tribus arabes-là. Et dans la vraie vie, dans le film aussi, il va réussir à avant d'enchaîner les échecs par la suite, mais va réussir à prendre la ville d'Aqaba en Jordanie. Puis c'est sûrement un peu pourquoi il est rentré dans la légende de la Première Guerre mondiale. Je ne sais pas si tu veux ajouter quelque chose. [00:58:14] Speaker A: Il faut peut-être préciser pourquoi est-ce qu'il fait ça. C'est que l'Empire ottoman est un allié des Allemands dans la Première Guerre mondiale. Donc le gouvernement britannique essaie un peu de casser le front oriental, on va dire, de la guerre. Dans les quelques guerres ou en les quelques conflits coloniaux qui se sont déroulés dans la Première Guerre. Il y en a eu dans la Deuxième Guerre aussi, mais c'est pas mal un des plus marquants, je pense, de la Première Guerre mondiale. Le film, ben c'est ça, évidemment, c'est un film épique qui a été, il va falloir récompenser, je ne me souviens plus de combien d'Oscar, mais tu sais... [00:58:56] Speaker D: 7 Oscars, c'est quand même pas mal. [00:58:59] Speaker A: Ça a été pas mal, ben non, ça n'a pas été la consacration de David Lean, parce que quelques années avant, il avait fait un autre de ses chefs-d'œuvres. le pont de la rivière Kwai qui, il me semble, avait aussi gagné l'Oscar du meilleur film, à moins que je me trompe. Mais clairement, c'était un point tournant dans le film épique à l'époque, je pense. Je ne sais pas ce que tu en penses. [00:59:23] Speaker D: Mais je pense aussi que, pas mal certain que c'est un point tournant, puis c'est aussi devenu l'épitome du genre, souvent quand on pense au film épique américain, on pense à l'Arance d'Arabie, puis quand on pense aussi au film épique britannique, je sais pas s'il y en a tellement, mais disons, on pense à... On pense aussi à L'Orange d'Arabie, parce que c'est un peu un film qui se situe à l'intersection des deux pays. Le producteur est américain, le réalisateur est britannique, mais le film a été tourné, je pense, en partie... Le producteur américain avait une filière au Royaume-Uni, puis ça a été produit par sa filière au Royaume-Uni, puis il n'y a pas vraiment de scène en Amérique. Mais bref... Oui, puis c'est aussi un événement marquant du genre, parce que souvent quand on pense aux films épiques qui se déroulent avant l'Arance d'Arabie, on pense... En tout cas, moi je pense souvent à des peplums avec Charlton Heston, ou [01:00:26] Speaker A: des fois... Ben-Hur, ouais. [01:00:28] Speaker D: Des discommandements au Ben-Hur, puis des films avec plus... Bon, c'est souvent des films tournés à chiné-cheetah, donc c'est des films avec moins de décors naturels, mais des fois, il y a de très bonnes scènes quand même. La course de char dans Ben-Hur, je l'ai vue juste après La rance d'Arabie, justement. J'ai pas vu le film Ben-Hur en entier, mais juste après La rance d'Arabie, j'ai revu des bouts de Ben-Hur pour comparer, juste pour voir. C'est quand même un assez bon film. Je ne l'ai jamais vu. [01:00:57] Speaker A: J'ai acheté le traitement 4K qui est sorti il n'y a pas si longtemps. Ça aussi, on dirait que c'est comme un 4 heures que je me dis, est-ce que je peux débloquer ça? J'ai l'impression que lui a moins bien vieilli que Laurence d'Arabie. [01:01:11] Speaker D: Je pense que ces films-là, c'est drôle, on parle en fait de Benoît parce que c'est un truc de pâques. Mais en tout cas, c'est à moins bien vieilli, je pense, en partie parce que c'est une longue tournée à Chinichita ou dans des décors un peu comme Cléopâtre aussi. Mais aussi parce que... C'est un film où le héros est un peu boring. Boring dans le sens que c'est un bon gars et il veut venger sa famille parce que son ancien ami, son ex-ami l'a trahi. Ça fait penser un peu à l'histoire de Gladiator aussi. Il veut se venger. Il veut venger sa famille. C'est un héros. Puis Charlton Heston aussi, il jouait dans les 10 commandements. Un messie. Il jouait Moïse, dans le fond, qui libère le peuple juif d'Égypte. C'est souvent, quand on regarde les films épiques, avant l'arrance d'Arabie, c'est souvent, disons, le protagoniste est soit un héros, il libère du monde de la tyrannie ou il venge sa famille, ou un martyr. Il s'engage dans une cause perdante, mais héroïque. Il perd, mais il meurt. En héros. Fait qu'il y a un autre film de Charlton Heston qui est un peu de même, mais qui est sorti un peu après, qui s'appelle Cartoon. Je me souviens plus de l'histoire du film, mais il joue, je pense, un espèce de général britannique au Soudan. Puis, je sais plus ce qu'il fait déjà. En tout cas, il dit sûrement qu'il y a une rébellion quelconque, mais à la fin, il perd contre les rebelles. Mais tu sais, c'est pas un film qui critique le colonialisme britannique d'aucune manière. C'est drôle qu'on parle de... On dit que Laurence d'Arabie a changé des choses, mais on parle de films qui sont sortis après. Mais même quelque chose comme Zulu avec Michael Caine, c'est un peu... Je me souviens plus s'il gagne la bataille ou pas dans Zulu. Je ne suis plus vraiment certain. Mais dans tous les cas, c'est un peu l'héroïsme. des officiers britanniques qui, là c'est en Afrique du Sud, qui résistent, tu sais, contre toutes les chances, parce qu'ils sont comme dix, je pense qu'ils sont un contre dix là, contre une attaque de, je sais plus, une attaque d'une tribu africaine, je sais plus laquelle. [01:03:53] Speaker A: Sûrement les Zulu. [01:03:54] Speaker D: Sûrement les ours dans le titre. [01:03:56] Speaker A: Ça ferait du sens. [01:03:57] Speaker D: Bref, Lawrence de Hoth, pour revenir à Lawrence de Hoth. [01:04:01] Speaker A: C'est ça, parle-nous un peu de ce qui distingue le personnage de T.E. Lawrence dans le genre épique. [01:04:09] Speaker D: Déjà, on l'introduit un peu quand il meurt au début du film. C'est un film qui commence par sa mort. Je pense qu'il ne reste pas rien parce qu'il est mort comme ça dans la vraie vie aussi. Un excentrique un peu arrogant, il s'en va en Arabie pour accomplir la mission que lui... que lui confie le haut commandement, mais aussi parce qu'il se prend un peu pour le libérateur des arabes, dans le fond. Mais il restera pas héroïque comme ça ou genre le sauveur tant attendu si longtemps dans le film, parce que très vite, Il doute de lui-même ou il devient meurtrier. Des fois, il reprend de la confiance et il se pense à Messi. On est capable quand même de percer son jeu et de voir que c'est quelqu'un qui est là pour le thrill, qui est très imbu de lui-même. qui s'intéresse aux Arabes tant que ça bénéficie un peu à son image. Il y a une partie vers la fin du film où il y a un journaliste, un photographe, qui... qui vient prendre son portrait. Je pense que c'est très symbolique, mettons, de... Ça symbolise sa personnalité narcissique, même si le journaliste, éventuellement, est plus critique de lui. Je trouve que c'est un... Puis au-delà, c'est pas juste un personnage qui est, disons... soit gentil ou héroïque d'un bout à l'autre, ou... comment dire... où il ne s'haït pas non plus d'un bout à l'autre du film. Il n'est pas ni le méchant, ni le gentil d'un bout à l'autre du film. On dirait que des fois... son personnage est un peu fragmenté puis difficile à définir, un peu complexe dans le fond. Puis je pense que c'est ça, la complexité qui était rare à l'époque, d'avoir un personnage autant dans des zones de gris, au sens que même, je dirais qu'il y a des évolutions. Le personnage, il n'est pas le même d'un bout à l'autre, mais il est un peu identique. Et si tu regardes le début et la fin, Malgré toutes les montagnes russes que sa psychologie font durant le film, il reste pas tant changé que ça, un peu identique, je dirais. Quand il est sur sa moto, tu vois un peu au début du film, juste avant de mourir, qu'il accélère. Tu vois un peu la même soif d'adrénaline et d'aventure qu'il y a au début du film quand il souffre sur la Lumette avant le côte pour aller dans le désert. Puis où il dit dans cette scène-là, ça va être fun, le voyage en Arabie dans le désert. Je pense que c'est pour ça que j'aime ce personnage-là. Puis je pense qu'il faut remercier à la fois le scénariste et l'acteur, le scénariste Robert Bode, puis Peter O'Toole pour l'avoir joué comme ça. Parce que pour un film de cet ampleur-là, À cette époque-là, c'est quand même... Ça déconstruit assez l'image du héros colonial qu'on se fait par rapport à d'autres films, même par rapport à ce film-là. Souvent, on pense à Lawrence d'Arabie, puis on se dit, bon, c'est juste le héros excentrique et héroïque. Finalement, on regarde le film en entier, puis c'est beaucoup plus que ça. [01:08:14] Speaker A: Oui, vraiment, puis Peter O'Toole ajoute beaucoup au personnage. Ça dit «Introducing Peter O'Toole », comme si c'était son premier rôle. C'est pas vraiment son premier rôle, mais c'est un de ses premiers. Je pense qu'il avait fait trois ou quatre films avant, mais c'est des petites productions britanniques que personne n'avait vues aux États-Unis. Ça fait que c'était quand même relativement risqué comme pari de caster un acteur que personne ne connaît. Bon, toute la distribution de soutien est quand même assez établie, on s'entend. Omar Sharif était pas mal, de... désolé de le dire comme ça, mais l'arabe de service d'Hollywood. Tu sais, puis après ça, c'est sûr que c'était vraiment une grosse distribution autour de lui. Mais bref, Alec Guinness, évidemment, un grand collaborateur de David Lean. Mais oui, il amène vraiment une complexité aux personnages qui est vraiment cool, puis après ça, ça lance évidemment sa carrière, Peter O'Toole. [01:09:05] Speaker D: Ça me déçoit légèrement le pop du roi. on va oublier parce que ça fait comme 64 ans là, mais ça me déçoit légèrement que Gregory Peck ait gagné l'Oscar pour To Kill a Mockingbird, parce que pas que ce soit une mauvaise performance, mais je trouve le personnage, il fait un peu Oscar Beatty, puis c'est un peu... On dirait que c'était plus facile de... de donner l'Oscar à Gregory Peck, parce que son personnage d'Atticus Finch, c'est le bon gars, pratiquement, stéréotypé. Par excellence, c'est devenu... Quand on pense à un bon gars dans la littérature, des fois, le premier nom qui vient en tête, c'est Atticus Finch. C'est la perfection, c'est le gars progressiste, le bon père, le bon orateur, le bon avocat. Ça aurait été plus intéressant, plus audacieux de gagner Peter O'Toole, mais bon. En même temps, le film a gagné beaucoup d'Oscars aussi. Le film en tant que tel n'a pas été snubé aux Oscars. [01:10:06] Speaker A: Non, mais Peter O'Toole a été pas mal, je pense pendant longtemps. Il n'a jamais gagné. C'est ça, il n'a jamais gagné. Il a eu 8 nominations, quelque chose comme ça, 7-8. C'est dommage, mais aujourd'hui il est décédé, mais c'est ça, c'est dommage. qui n'a jamais eu son Oscar. Si on parle un peu de David Lean, parce qu'évidemment ce film-là est parmi un de ses nombreux films épiques et de ses nombreux classiques du cinéma. Je pense que, ben c'est ça, tu le mentionnais en début de podcast, tu l'aimes beaucoup, t'en profiter pour à chaque milestone regarder un de ses films. Si on parle un peu peut-être un aspect un peu plus méconnu, je pense, ou méconnu du grand public, c'est ses qualités de monteur. Parle-nous un peu de tout ça, puis comment est-ce que ça se reflète dans la construction de Laurence d'Arabie. [01:10:56] Speaker D: Oui, bien c'est ça. Je pense que David Lean avait commencé en tant que monteur dans le cinéma, bien commencé parce qu'un peu après avoir distribué le café dans les studios. Donc dans le fond, c'est quelqu'un qui a vraiment monté les échelons. Mais il a commencé en tant que monteur et c'était pas non plus à l'époque, c'était une job assez technique et répétitive. Je pense que c'était pas vu avec la même sériosité artistique avec laquelle c'est vu maintenant. Mais ces talents-là de monteur, je pense, se reflètent assez bien dans le film. Je vais nommer deux exemples qui se démarquent à mes yeux. La première, c'est la première scène du film, le tout début au final. C'est lorsqu'il y a son accident de voiture... de moto, pardon. Son accident de moto. Puis pour un film épique, c'est assez particulier ce que Lynn va faire. On pense à des accidents. Il y en a, disons, dans Ben-Hur, des accidents de moto, mais de chariot, disons. On voit clairement toutes... Le chariot et ses couleurs exploser dans le sol de l'aréna. C'est très, très spectaculaire. Lynn va être plus minimaliste que ça. Je pense que j'ai écrit un peu ici, parce que je ne m'en souviendrai pas par cœur, mais il y a un plan sur... Il y a un plan sur les buissons, là il va s'écraser, la plan entre la moto vide durant son envolée, le visage de Lawrence d'Arabie, c'est finalement juste ses lunettes sur le buisson, puis tout de suite après, cette scène-là, des lunettes, ça coupe sur le buste, le buste en bronze, à ses funérailles. Ça fait que je trouve que c'est une scène qui se fait... Disons... assez vite pour garder le rythme, pour garder l'action de l'événement, la surprise, le fait que c'est quelque chose de subit, puis ça fait le lien très bien, je trouve, d'un point de vue scénaristique, ça fait le lien très bien entre Ces deux premières scènes-là, l'accident, les funérailles, puis l'accident est essentiel parce qu'on en a parlé plus tôt, mais il met un peu en scène sa témérité, son envie d'adrénaline. [01:13:44] Speaker A: Et l'incompréhension aussi, c'est moins l'accident puis plus les funérailles, mais l'incompréhension de tout le monde qui le côtoyait par rapport à ses motivations. [01:13:55] Speaker D: Ça je trouve d'ailleurs, c'est une scène-là, pour en parler un peu, que c'est un bel hommage à, si on veut, je sais pas si c'est un hommage ou pas, mais à Citizen Kane. Citizen Kane, c'est sur tout le film, mais un peu sur le même modèle, dans le sens où le monde, c'est toutes des choses un peu différentes. Puis quand on les voit dans le film, ils ne l'ont pas tous très bien connu. Il y a un gars qui dit «Je suis certain que c'est une bonne personne, mais je lui ai serré la main une seule fois à Damascus, une affaire de même.» Il y a même [01:14:25] Speaker A: un autre parallèle avec le journaliste qui essaie d'enquêter un peu dessus, même si le journaliste dans Citizen Kane, c'est après sa mort. Mais ouais, questionner le personnage, on va dire. Une remise en question de l'aura ou en tout cas de ce qu'il représente le personnage. [01:14:41] Speaker D: Oui, je pense que c'est... Lee aimait beaucoup des fois, malgré... Il était quelqu'un qui avait le sens des plans larges, mais dans le montage, il aimait... Il aimait aussi ce qui faisait beau, mais on voit dans une autre scène d'accident, à Passage to India qui émet ce sens de préserver l'action, que cette scène-là probablement soit un peu surprenante pour le spectateur et rapide et qu'il y ait un certain rythme à ça. Il y a une vidéo sur YouTube, pas où ils montrent cette scène-là, mais ils montrent une scène très similaire, comme j'ai dit, à Passage to India, où la voiture fait un accident, je ne sais plus si la voiture se renverse, mais elle renverse au moins quelqu'un. Si le monde s'est intéressé à voir la méthode de travail de David Lee, c'est très intéressant. On le voit devant sa Steenbeck avec les morceaux de pellicule du film et son assistante. Il est regardé dans la loupe faire ses décisions et expliquer aussi aux journalistes pourquoi est-ce qu'il coupe... à cet endroit-là plutôt qu'à un autre. Ça fait longtemps que je n'ai pas vu la vidéo et que je regardais la difficulté à la décrire, mais je suis certain que ça se trouve encore sur YouTube, cette vidéo-là. C'est quand même quelque chose de rare, je trouve, de voir un grand réalisateur, un grand monteur, surtout à l'œuvre, expliquer ses décisions «on the spot». Je trouvais ça particulièrement intéressant. Puis aussi, l'autre scène la plus renommée du film, qui est le match cut entre la lumette et le coucher du soleil sur le désert. C'est juste encore là, c'est de l'efficacité. Je pense que c'est des mots que je n'ai pas réussi à trouver quand j'ai décrit la première scène, mais David Lean est assez efficace dans son montage, peut-être aussi pour Pour ça que le film, malgré sa longueur, paraît court. Parce qu'il est capable de, s'il est nécessaire, de couper dans du gras aussi. On passe directement des quartiers généraux des Britanniques, puis la rance d'Arabie surfe sur la Lumette. On est rendu directement dans le désert. Puis là, le film commence pour vrai. Ça pose aussi une certaine convention. parce qu'après ça, David Lean va l'utiliser quand même assez fréquemment dans le film Le Match Cut. Il y a l'œil, parce que ce n'est pas tout le temps... Est-ce que c'est tout le temps... On pourrait le faire autrement, c'est justifié, c'est difficile à... [01:17:35] Speaker A: C'est artistique, on va dire. [01:17:37] Speaker D: C'est un choix artistique. Ça préserve tout le temps une certaine beauté, une certaine fluidité dans le montage aussi. Par exemple, quand il va couper sur un chemin de fer. Je ne sais pas s'il y a le train sur le chemin de fer. Après ça, on a le plan d'une plage sur la mer, puis le chemin de fer est à peu près exactement situé là où il y a la démarcation, où il y avait la démarcation. Je veux dire, plutôt la démarcation entre la mer et le sable est située à peu près exactement là où il y avait le chemin de fer dans le plan précédent. Ça fait qu'il y a comme une certaine fluidité et une beauté à tout ça, qui n'est pas tout le temps facile nécessairement. En tout cas, il faut que ça soit délibéré parce que ce n'est pas forcément facile à obtenir quand on coupe manuellement sur une steenbeck avec les petits ciseaux. Maintenant, ça serait plus facile à faire, mais si on regarde des fois des films quelques décennies auparavant, n'importe quel film vraiment, admettons des années 40, des choses comme ça, c'est quand même beaucoup plus rare. Souvent, c'est juste des plans contre plans, puis ça se résume à ça, le montage, parce que le montage, pas tout le temps. Il y a eu des films, parce que je ne veux pas les généraliser, mais il y a eu des films qui faisaient très bien. Même si on pense à d'autres pays, comme Eisenstein ou Abel Gance, pour eux c'était très délibéré, c'était très planifié. Mais souvent c'était vu un peu comme... un emploi technique, puis un peu un emploi au bas de l'échelon plutôt que comme une partie vraiment essentielle du processus artistique. Je lisais, mettons, des fois, même aujourd'hui. En tout cas, moi, je trouve qu'aujourd'hui, c'est bien que ce soit aussi reconnu que ça. Peut-être pas à cause de lui, mais en partie à cause de personnes comme David Ling, que c'est vu aussi C'est qu'il y a une catégorie aux Oscars pour que c'est vu comme une des catégories les plus importantes. Je lisais un article, je pense, il y a un an dans les cahiers du cinéma, même des fois, on attribue quelque chose au réalisateur, mais des fois, le monteur, il dit en entrevue, c'est moi devant mon... maintenant c'est Da Vinci résolve, là. Mais c'est ce que l'éditeur disait, le monteur disait, que c'est lui qui a trouvé telle métaphore en regardant les images. Des fois c'est lui, tu sais, il prend des décisions sur quelle performance de l'acteur garder, c'est lui qui prend la décision, fait qu'au final, tu sais, des fois on... [01:20:29] Speaker A: On surcrédite peut-être tous les rôles des [01:20:31] Speaker D: réalisateurs, on recrédite l'acteur, mais des fois c'est le monteur qui fait un film, qui sort d'un film. Souvent, surtout aussi quand les réalisateurs ne s'impliquent pas trop dans le montage, ce qui arrive moins fréquemment que dans le studio hollywoodien, mais qui arrive encore. [01:20:52] Speaker A: Il ne nous reste vraiment pas beaucoup de temps. Je ne sais pas s'il y a un autre aspect, soit du film sur lequel tu veux mettre un peu l'accent. Je sais que tu voulais faire des recommandations aussi, mais c'est de choisir quelque chose. On aurait dû faire un podcast au complet là-dessus. Il y a tellement de choses à dire sur Laurence d'Arabie. [01:21:11] Speaker D: Pour rester dans le positif, je pourrais critiquer un peu les performances de certains acteurs qui font du blackface, mais ce ne sera pas nécessaire. Une autre époque. Je voulais recommander, parce qu'on parle souvent, on a parlé beaucoup, on a parlé de Zulu, de Cartoon, puis on aurait pu parler de The Man Who Would Be King, pour des films qui ont été inspirés par l'Agence d'Arabie, mais il y a aussi des films qui ont été inspirés par l'Agence d'Arabie qui ont été faits à l'étranger. Je trouve ça encore plus intéressant parce que là on voit l'autre perspective, on voit la perspective du décolonisé au lieu de la perspective des décolonisateurs. Ce n'est pas des films britanniques, ça, j'essaie de dire. Donc, il y a Saladin le victorieux de Youssef Chahine, qui est comme un pratiquement, pas un film expérimental, mais Youssef Chahine est assez original pour avoir quelques scènes un peu expérimentales dans son film. Fait qu'aller voir ça. Puis, ce qui est particulier et qui est rare, c'est que là, il y a des acteurs égyptiens qui font du white face dans le film. Donc t'as des acteurs, je n'ai pas leur nom, mais qui jouent, mettons, Richard, Coeur de Lion. Je ne sais plus si c'est le premier des rois, des Richard. Puis Saint-Louis, je pense que c'est le 9e Saint-Louis, mais là je suis un peu mélangé. Il y a beaucoup de Louis en France et beaucoup de Richard. Bon, mais bref, ça, c'est très intéressant et on n'en parle pas assez d'Yusuf Shaïn. Puis en Inde aussi, parce que là, l'Inde a probablement subi le plus de films sur le colonialisme. [01:22:38] Speaker A: Ouais. [01:22:39] Speaker D: Il y a aussi Lagane, qui est un film qui avait été nommé aux Oscars, je pense, en 2001-2002, avec American, sur le criquet. Ça fait que c'est pas un film d'action, mais quand même assez intéressant. Puis récemment, les gens l'ont déjà vu, mais R.R.R. qui est C'est over de top ce film-là, moi je l'aime pour ça un peu. [01:23:03] Speaker A: L'Inde se spécialise maintenant dans le film épique, comédie musicale presque. [01:23:10] Speaker D: Ouais, c'est entre épique historique et fantaisie. Je pense qu'il y a une scène où le personnage principal, le policier, moi c'est une scène qui me fait tout le temps rire. Ils sautent dans une foule pour défendre une ambassade, puis ils nous trouvent une foule de 10 000 personnes. Puis là, avec sa petite matraque, ils tabassent les 10 000 personnes. Ça me fait tout le temps rire. Dans R.A.R. aussi, t'as des lions en CGI, des tigres en CGI, je ne sais plus en tout cas. Toute l'équipe, c'est très... Ça a été nommé pour le score aussi, je ne sais plus quel score. [01:23:42] Speaker A: Ça en a gagné un. Ça a gagné Chanson originale, je pense. [01:23:47] Speaker D: Ça avait obtenu un peu d'attention. Je pense aussi que... Je pense que c'est sur Netflix d'ailleurs. Ça aussi, je le recommande pour les gens qui veulent essayer quelque chose de différent. [01:24:00] Speaker A: Ben voilà, merci beaucoup. Évidemment, si vous ne l'avez pas vu, on vous prie, on vous somme d'aller voir Lawrence d'Arabie. Regardez la télé, il doit jouer aussi une fois de temps en temps. Merci beaucoup Maxence de nous avoir présenté Lawrence d'Arabie, puis on se reparle dans deux semaines. Merci à toi. [01:24:19] Speaker D: Merci. [01:24:32] Speaker A: C'est déjà tout pour cet épisode de Ciné-Histoire. La semaine prochaine, ben c'est... ben... Jeudi prochain en fait, là, mais... Ça commence le 13e édition du Festival de Cinéma du Monde de Sherbrooke, avec le film d'ouverture qui est Ma Frère, que j'ai vu. J'en parlerai la semaine prochaine, là, parce que je veux pas... En même temps, je sais pas s'il va y avoir une sortie, je sais pas s'il est représenté ailleurs dans le festival, je pense pas. Mais bon, j'en parlerai quand même la semaine prochaine. [01:25:02] Speaker B: D'habitude, ouverture, fermeture, c'est tel que tel. [01:25:04] Speaker A: Oui, mais souvent c'est des films, on va dire, en avant-première qui finissent par sortir au Québec, soit en même temps ou pas trop long. En tout cas, je ne sais pas trop quand c'est sorti prévu. C'est un film qui était projeté à Cannes en mai dernier. En tout cas, je l'ai vu, c'est bien bon, vous irez voir ça. Mais Jade, tu vas manquer la semaine prochaine parce que... [01:25:24] Speaker B: Je ne serai pas là parce que c'est ma première année en tant que membre du CA du FCMS. C'est super excitant parce que je peux aller voir tout ce que je veux toute la semaine et j'en profite. On m'a donné le droit de faire ça à la maison. Je vais aller voir. J'ai un planning pour onze films en sept jours. [01:25:42] Speaker A: On va vouloir une critique de dix minutes de tous ces Oui, films. [01:25:45] Speaker B: c'est ça. Je vais revenir sur les plus beaux que j'ai vus. Je vais aller voir pas tous ceux qui sont en compétition, mais à peu près la moitié dans les deux catégories, fiction et documentaire. J'ai bien hâte de vous reparler de ça avec d'autres activités, d'autres présences et tout. [01:26:01] Speaker A: Moi, en parallèle, c'est pas confirmé encore, mais on aura sûrement en entrevue quelques cinéastes de production de l'ONF. Donc, il y a trois films qui vont être présentés dans le cadre du festival. Donc, je ne dirai pas les noms parce que les entrevues ne sont pas confirmées encore. Mais la semaine prochaine, ça va être pas mal une édition FCMS. Je vais revenir sur le film d'ouverture. Je vais vous présenter l'entrevue qu'on avait essayé de vous présenter il y a quelques semaines avec Catherine Viau, la directrice de programmation du festival. Ça avait pas fonctionné, en tout cas. J'avais de la misère à exporter le fichier, finalement, je l'ai bel et bien, donc j'ai fait un petit tour d'horizon de ce qui vous attend, chers festivaliers et festivalières, et puis, ben, ce soir, on aura ses entrevues et des petites critiques, impressions, donc, des trois films que j'aurais vus pour l'ONF, ben, de production de l'ONF, pardon. Et donc voilà, puis la semaine d'après, ça va être un recap du festival. Pendant les deux prochaines semaines, on va être 100% FCMS. Et puis voilà, Maxence Gagné aussi va venir nous parler éventuellement de Shirley MacLaine. Faut pas que je me trompe avec Shirley, t'aimes pas? Shirley MacLaine, qui va fêter son anniversaire bientôt. Bref, c'est ça, un beau programme, mais tu seras absente donc la semaine prochaine. Voilà, donc c'est ce qui conclut cette semaine. Cette semaine quand même assez chargée. Allez voir Le Rêve américain, allez voir l'affaire Bojarski et puis la semaine prochaine on aura probablement Météor également à vous présenter. Bref, à suivre, mais merci beaucoup d'avoir été à l'écoute. Merci à toi Jeanne. [01:27:32] Speaker B: Un plaisir, désolée, je me barre. [01:27:33] Speaker A: C'est ça, je t'ennuie, je vois. Mais non, c'est bien correct. On se revoit la semaine prochaine. Merci, salut. [01:27:39] Speaker B: Bye.

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