Episode Transcript
[00:00:17] Speaker A: Il sera très très bon Il y aura quelque chose Bon midi à tous et à toutes. Bienvenue à un nouvel épisode de Ciné-Histoire en ce vendredi 9 octobre. J'espère que vous allez bien. J'espère que si vous faites votre mois de l'horreur, bien, que ça se passe bien. J'ai moi-même décidé d'en faire un cette année. J'en avais fait un... On en avait fait un, Jade et moi, l'an passé, avec... Mais je pense pas qu'on l'avait terminé. C'est long, 31 jours. Mais à date, ça va quand même assez bien. Mon mois de l'horreur, donc un film d'horreur par jour, je pense que je suis seulement en retard d'un ou deux films, mais ça ne fait rien parce que je sais que je vais faire du rattrapage ce week-end, assurément.
Aujourd'hui, à l'émission, on va avoir En toute fin d'émission, le Maxence Gagné qui vient nous présenter un film de Ernst Lubitsch, Ninochka. Donc on en a parlé en long et en large, je vous présente ça un peu plus tard à l'émission.
Aujourd'hui, quelques nouveautés aussi dont je vais parler, notamment Run Terry Run, nouveau documentaire sur Terry Fox. et son marathon de l'espoir. Je vais vous parler également de Jim Queen, qui malheureusement ne prend pas l'affiche ici à Sherbrooke, mais qui prend l'affiche à Montréal. Donc, film d'animation queer, très intéressant. Donc, voilà. Puis, je vais peut-être vous parler un petit peu de Digger aussi, là. Donc, un peu plus tard à l'émission.
Donc, c'est ça. Ça va ressembler un peu à ça, ce programme d'aujourd'hui. Je commence avec quelques nouvelles du monde du cinéma, à commencer par cette fameuse fusion entre Paramount et Warner qui s'est officialisée pas mal depuis les derniers jours. Donc, sous la bannière Skydance, j'ai vu que maintenant, là, ils sont cotés en bourse. Puis, tout ça, évidemment, ça fait peur à plusieurs gens du milieu du cinéma. On se rappelle que Paramount et ses hauts dirigeants sont assez près de l'administration Trump, sont assez de droite.
Et puis, ben, on ne veut pas, on commence à voir de plus en plus de ces gros conglomérats, là. Disney d'un côté, Paramount de l'autre, bon il reste encore Netflix et quelques contrepoids, mais bref, il reste Universal aussi, mais il reste qu'il y a un peu moins de studios... de diversité de studios, disons-le ainsi, même si chacun garde sa bannière quand même. Warner Brothers va rester Warner Brothers, mais a Skydance Corporation, donc c'est ça. C'est les mêmes qui vont en profiter finalement, mais ultimement on remarquera probablement pas la différence, à court terme du moins.
Donc voilà, sinon il y a le FNC qui s'est amorcé hier.
La presse a fait un article intéressant sur les films incontournables du FNC.
Il y a le nouveau film que j'avais vu, le nouveau film de Pedro Almodovar, notamment Autofiction. Je l'avais vu cet été lorsque j'étais en Europe parce que plusieurs des films qui étaient présentés à Cannes en mai dernier ont pris l'affiche beaucoup plus tôt en Europe qu'ici, notamment... Est-ce que c'était La Bola Negra? Je me souviens plus, mais c'est le film qui a gagné Le People's Choice Award au TIFF il y a quelques semaines. Il y avait le film de Asghar Farhadi également qui est sorti ici il y a quelques semaines mais qui était déjà à l'affiche cet été.
Moi, celui que j'attends le plus, c'est Wild Horse 9 de Martin McDonagh qui sera présenté au FNC le 11 octobre à 17h au cinéma du musée.
John Malkovich est déjà pressenti pour être parmi les favoris. à remporter l'Oscar du meilleur acteur pour ce rôle. Il va falloir qu'il compétitionne probablement avec un certain Tom Cruise pour Digger, je vais en parler tantôt, mais ouais, ça va être assez intéressant. La Bola Negra va être présentée également au FNC le 11 octobre, donc le même jour à 20h15.
Il y a le nouveau film en quoi? 8 ans, 7-8 ans, de Pavel Pavlikovski, Fatherland, qui avait été super bien reçu à Cannes. Ça parle...
d'un roadtrip de Thomas Mann, un auteur, l'auteur de Mort à Venise et prix Nobel de littérature. Donc c'est un roadtrip dans l'Allemagne post-deuxième guerre mondiale avec ses enfants.
Donc voilà, ça a l'air très très beau. Ça avait eu le prix de la mise en scène à Cannes justement avec ses coups avec l'abola négra. Sa mère vedette Sandra Huller qui semble être de tous les projets. récemment, donc voilà. Il y a Minotaure également d'André Zvigantsev, qui était le réalisateur derrière Léviathan et Sans amour, qui est sorti il y a quelques années, qui serait une réadaptation d'un film de Claude Chabrol, La femme infidèle. Lui aussi avait été super bien reçu à Cannes. Bon, un nouveau film de Radu Jude. Il en fait, je pense, deux par année de ce temps-ci.
Évidemment, je vous invite à aller consulter la programmation complète du FNC. C'est du 8 au 19 octobre, du côté de Montréal. Sinon, il y avait quelques nouveautés qui prenaient l'affiche. La plus connue peut-être, c'est «Hanté », nouveau film de Raphaël Ouellet que je n'ai pas vu, malheureusement.
Je manque de temps de ce temps-ci, donc c'est compliqué.
Donc, nouveau film familial scénarisé ou co-scénarisé par India Desjardins. Donc, film familial d'horreur.
On y suit Mathilde, qui est une adolescente marginale, contrainte de déménager en région avec sa famille pour une raison mystérieuse, qui découvre que sa nouvelle maison est hantée par Isabeau, une femme du 19e siècle qui s'est étonnamment bien adaptée au monde moderne, mais qui a tout oublié de sa vie. Donc la jeune est jouée par Jade Brind'Amour et le fantôme par Virginie Fortin et également Evelyne Bruchy, François Letourneau, Claude Legault dans ce film-là. Donc on va essayer de retrouver qu'elle est.
le passé de ce fantôme, puis... une espèce de body-comédie qui rappelle Casper ou E.T. ou en tout cas des films des années 80. Donc voilà, je pense que ça va rejoindre son public assurément. Ça risque d'être à l'affiche plusieurs semaines, ben jusqu'au moins... au moins une ou deux semaines en novembre, donc on verra si ce sera un succès.
comparable à «Ma belle-mère est une sorcière» qui était sorti l'an passé et qui avait connu un très bon succès.
Sinon, il y a un autre film qui malheureusement n'a pas reçu la réception critique souhaitée. «Le jugement social» ou «The social reckoning» qui est la suite du film «The social network» de David Fincher. C'est pas Fincher qui le réalise cette fois, c'est Aaron Sorkin qui avait scénarisé le premier film. Donc cette fois, on s'intéresse à... on s'inspire en fait des événements qui ont mené à la révélation du Wall Street Journal sur les Facebook Files.
Donc on y suit France Hogan, une jeune ingénieure chez Facebook, qui sollicite l'aide de Jeff Horwitz, un journaliste du Wall Street Journal, pour entreprendre un dangereux périple qui révélera au grand jour les secrets les mieux gardés du réseau social. Il y a Mikey Madison, Jeremy Strong, Bill Burr même, là-dedans Jeremy Allen White, donc... C'est ça, le film m'a pas l'air d'avoir tant convaincu. Aaron Sorkin est un excellent scénariste, peut-être un peu moins efficace à la réalisation, des films un peu...
Banco. Bancal. Banco. Donc, c'est lui qui avait fait, si je ne m'abuse, The Trial of Chicago 7, qui est peut-être son meilleur.
Sinon, il avait fait Molly's Game.
En tout cas, il en a réalisé quelques-uns. Mais, c'est sans tant que scénariste, il a quand même connu une très bonne carrière. S'il joue rapidement, ce qu'il a fait. Aaron Sorkin. Il a travaillé beaucoup. Je pense qu'il avait fait House of Cards, il me semble. A Few Good Men. Donc, c'est ça. À la réalisation, il a fait un peu moins de films. Il avait scénarisé Steve Jobs également.
Puis, d'ailleurs, je me demande si ce n'était pas son seul Oscar. Ah non, son Oscar, c'était pour Social Network, justement. Donc, voilà. Donc, ça prend l'affiche aujourd'hui, mais je ne l'ai pas vu. J'essaierai de le voir très prochainement. Et puis sinon, bien, un autre film d'horreur qui lui non plus ne reçoit pas beaucoup de bonnes critiques, c'est Autre Maman. Donc, avec Jessica Chastain, un film de Rob Savage.
Donc, Bella, une fillette de 8 ans vivant dans un foyer où règnent des problèmes conjugaux, est confrontée à une entité sinistre qui sort de son placard. Cette présence qu'elle appelle l'autre maman devient de plus en plus menaçante pour elle et sa famille.
Jessica Chastain, on la voit un peu moins depuis plusieurs années. C'est dommage parce qu'on dirait qu'elle avait le vent dans les voiles au début des années 2010.
On dirait que du jour au lendemain, ben pas qu'il est disparu là, il continue à faire des films, mais on dirait que ses rôles sont devenus un peu moins intéressants.
C'est les films dans lesquels elle joue sont devenus un peu moins bons. C'est dommage, je sais pas ce qui explique cela, mais ça reste quand même une bonne actrice, puis j'imagine qu'elle doit livrer une bonne performance dans ce film-là quand même.
Donc voilà, écoutez, au retour de la pause, je vais vous parler du film Run Terry Run et également du film Jim Queen, puis on aura Maxence Gagné un peu plus tard à l'émission, donc restez là.
Vous êtes de retour à Ciné-Histoire.
Je veux vous parler donc du nouveau film de Sean Mannard qui est bien connu dans le milieu du documentaire, donc Ron, Terry Ron, qui s'intéresse évidemment à Terry Fox. ce légendaire marathonien qui voulait parcourir le Canada pour ramasser des fonds pour la Société canadienne du cancer, lui-même victime d'un cancer du genou, drôle de cancer, mais qui avait mené à l'amputation de sa jambe droite.
Et puis, dans 1980, donc, décide d'entreprendre à 21 ans, si je ne m'abuse, donc son périple à St. John's, à Terre-Neuve et puis se rendre à Vancouver et puis... espérer ramasser au moins un million de dollars à travers sa course.
Très beau documentaire, honnêtement. On a utilisé... En fait, c'est un film qui est exclusivement composé d'archives.
Il y a pas... Il y a une narration qui provient d'aujourd'hui et qui sont des personnes qui ont interagi avec lui à l'époque, notamment Doug, qui était son meilleur ami, son frère également, et une journaliste du Toronto je crois, désolé, je ne me souviens plus exactement du Média de Torontois, mais donc des gens qui avaient suivi son parcours à l'époque. Il y avait également une équipe qui filmait cette course-là. Et puis on utilise en quelque sorte un mélange de plans de ce documentaire-là, mais surtout les outtakes qui n'avaient pas été utilisés dans le documentaire pour constituer ce nouveau documentaire qui vient Peut-être pas. Je ne sais pas à quel point on apprend nécessairement de nouvelles informations qui n'étaient pas connues de ceux et celles qui l'avaient suivi à l'époque.
Mais je pense que c'est un bon refresh. Même pour moi, qui est pourtant étudiant en histoire, Terry Fox, au Québec, il n'y a peut-être pas la même... l'importance qu'il a eue dans le Canada anglais, puis on comprend un peu pourquoi dans ce film-là, je vais y revenir, mais c'est ça, donc Terry Fox, bon, je sais qu'il avait ce projet-là, je savais qu'il ne l'avait pas terminé, je n'étais pas trop certain de pourquoi, il me semblait qu'il était tombé malade, effectivement, c'est ce qui est arrivé en cours de route. Mais au-delà de ça, aujourd'hui on connaît son leg, il y a des timbres à son effigie, l'association Terry Fox continue d'amasser de l'argent encore aujourd'hui. Il est devenu une icône culturelle, on fait référence à Run Terry Run, à Run Forrest Run, parce que d'une certaine façon dans Forrest Gump, Forrest se met à courir partout aux États-Unis, c'est un peu en hommage ou en référence à la course de Terry Fox.
C'est ça, donc j'étais moyennement familier et surtout ce que je me demandais depuis longtemps, je n'avais pas vraiment fait les recherches, j'aurais probablement trouvé l'information, mais c'était Pourquoi est-ce qu'au Québec, on n'en a pas tant parlé que ça?
De la venue de Terry Fox, parce que quand on regarde son trajet, il a quand même traversé tout le Québec. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas beaucoup d'archives de lui ou des entrevues ou des trucs comme ça? Le film l'explique très bien.
C'est dommage parce que ça nous fait mal paraître un petit peu.
En fait, bon.
Pas brûler les étapes non plus, le film s'amorce pas mal au début de la course à St. John's. On présente rapidement ce qui est arrivé à Terry Fox et pourquoi il a voulu entreprendre tout ça.
Mais rapidement, on tombe dans l'action et dans les défis qui vont l'attendre parce que soit par défi ou soit par insouciance.
Son trajet l'amène à être toujours face au vent, ce qui n'est pas idéal quand tu veux courir un marathon par jour pendant une centaine, ben 200 jours, même plus. Donc, c'est ça, il va affronter ça en plus de déjà être, évidemment, d'avoir des problèmes, ben, Il lui manque littéralement une jambe, donc ça va causer ça aussi des problèmes.
Donc on suit vraiment étape par étape, disons là, surtout au début, il y a quand même une succession un peu plus linéaire des événements. On est au jour 19 dans telle ville, au jour 40 dans telle ville. On voit des images d'archives ici et là. Ça se gâte quand il arrive au Québec parce qu'il se rend compte que là, ben, on parle français et que lui, il parle pas français.
Dans les Maritimes, ça se passait bien parce qu'il y avait pas cette barrière de la langue-là, mais aussi parce qu'on dirait qu'il y avait quand même une certaine popularité au fil de sa course. Il a réussi à amasser un peu de supporters, ce qui fait que quand il passait dans des villes, il y avait des gens qui l'attendaient. Des fois, il faisait des conférences. Ben, des conférences, en tout cas. Il allait parler devant des gens.
Arrivé au Québec, ça se passait pas comme ça.
Évidemment, il y avait la barrière de la langue. Tout le monde se demandait apparemment pourquoi il courait là. On l'interdisait de courir sur l'autoroute. Il a fallu qu'il passe sur la 132, qui est déjà un peu moins...
passante, quand il est arrivé à Québec, la ville de Québec, il n'y avait personne, il se faisait klaxonner tout le temps.
Le documentaire le montre assez clairement qu'il n'a pas eu l'air d'apprécier son expérience au Québec, malheureusement. Puis c'est ça aussi ce qui explique, on se souvient quand même en 1980, c'est l'année du premier référendum, donc On se doute que peut-être les tensions entre francophones et anglophones étaient à leur paroxysme. La loi 101 est arrivée il n'y a pas longtemps.
C'est ça, on était, je crois, à part. Les fameuses deux solitudes, on les voit même dans le marathon de l'espoir de Terry Fox. Ce qui fait qu'on a des images d'archives à Québec, un petit peu quand il court sur la 132. Mais après ça, le trajet se poursuit, on passe à Montréal, il n'y a pas d'image d'archer, c'est juste la petite carte qui avance et hop, on est rendu en Ontario.
Et puis là, où il est, c'est encore une fois les deux solitudes, où là il est reçu en héros presque, entre ce moment où il est passé dans les maritimes et arrivé en Ontario, on dirait que Il y a eu beaucoup d'attention médiatique, ce qui fait qu'en arrivant en Ontario, tout le monde connaissait sa cause, tout le monde savait quel était ce projet-là, et puis c'est là vraiment qu'il va connaître, bien, avoir sa plus grosse visibilité, d'autant plus qu'il décide par lui-même de faire un détour dans l'Ontario Sud, toute la région de London, Niagara, en tout cas, tous ces coins-là, pour aller justement chercher plus de donations, de dons du public.
Mais ça rallonge considérablement son trajet. S'il avait décidé de le faire le plus direct possible, ça ne l'amenait probablement pas proche de Toronto, ni même de la région du sud-ouest.
Voilà.
Mais on le suit à travers tout ça, puis évidemment, bien là, les images d'archives sont très... C'est un très bon travail d'archives, honnêtement, qui sont faites ici, parce que, d'une part, on a les interviews des 2980, donc qui nous montrent un peu, bien, pas la réception, mais disons, l'ambiance de l'époque, les discours de l'époque et tout, et par-dessus, on a à l'occasion une narration, aujourd'hui, contemporaine, de certains des intervenants, qui parlent de leur expérience, qui ajoutent des faits ou des anecdotes sur ce qui se passait en coulisses et tout ça.
C'est vraiment un très beau travail d'archive, un très beau travail documentaire qui a été fait par Sean Menard.
C'est ça, je me demande, moi j'ai appris des choses à travers tout ça parce que je ne connaissais pas vraiment Terry Fox au-delà de l'icône et du projet fou. Donc oui, j'ai quand même appris. Je ne sais pas à quel point au Canada anglais, les gens ont appris quelque chose ou je serais curieux de parler à quelqu'un qui était familier à savoir ce que ça t'apprend vraiment de quoi.
Mais si ça sert à au moins une chose, c'est de recontextualiser ou réactualiser l'importance de Terry Fox et surtout de son leg parce que oui, l'objectif était de ramasser un million. Finalement, on apprend qu'il ramasse bien plus et depuis 1980, la fondation a ramassé au moins un milliard de dollars ou quelque chose comme ça pour la société du cancer. On parle de la mortalité infantile des... ben c'est ça, des enfants qui ont le cancer qui à l'époque de Terry Fox c'était de 20% puis aujourd'hui on est plus autour du... ben en fait pas la mortalité mais le taux de... de... de... pas de succès là mais en tout cas c'est ça de... de rémission, voilà, c'est le mot que je cherchais donc la rémission qui à l'époque était à 20% et qui aujourd'hui est à 80% donc on a connu des progrès considérables en grande partie à cause des dons qui ont été faits depuis les années 80 envers le cancer et donc c'est ça, c'est un très beau documentaire, très inspirant également on en apprend un petit peu plus sur la personne qui était Terry Fox, son entêtement aussi ben il faut être entêté là je pense pour pouvoir, pour vouloir courir un marathon par jour pendant 2-300 jours.
C'est ça. Donc, c'est vraiment un très beau documentaire que je vous conseille. Vous allez en apprendre, je crois, là, sur ce personnage, au moins. Et juste pour les images d'archives, là, je crois, être vu sur grand écran et tout, ça vaut la peine d'aller voir ça. Donc, Run, Terry Run, ça prend l'affiche aujourd'hui à la Maison du cinéma.
j'ai Je veux maintenant parler du film Jim Queen, un film d'animation qui avait été présenté à Cannes dans la compétition, je sais pas si vous êtes capables de le voir, il est pas mentionné, mais en tout cas dans les midnight movies, les films qui jouent tard, les films un peu plus... ben c'est ça. explicites, irrévérencieux. Bref, pour un public averti, c'est une réalisation de Nicolas Attane et Marco Nguyen, qui n'avaient pas... En fait, Nicolas Attane avait travaillé comme animateur sur The Red Turtle, notamment, qui s'était ramassé jusqu'aux Oscars, travaillé, c'est ça, sur certains projets, mais c'est leur première réalisation de long métrage.
Et c'est...
Essentiellement, une comédie. Vraiment une comédie très crue, très drôle d'ailleurs, d'un influenceur gay qui voit sa vie changer lorsqu'il attrape le virus de... là je me souviens plus exactement, mais c'est...
je ne l'ai plus malheureusement mais qui le fait devenir hétéro donc hétérosexuel et donc il essaie de trouver un remède à ce virus là et il va prendre l'aide d'un jeune qui aurait je ne veux pas trop révéler sur le film en tout cas qui aurait peut-être, qui serait peut-être la clé pour ce remède là donc voilà un jeune qui s'appelle Lucien Donc, c'est ça, c'est une comédie très, très, très crue pour vrai. C'est dommage qu'elle ne prenne pas l'affiche ici à Sherbrooke, parce que pourquoi est-ce que le film sort au Québec? C'est parce qu'il a été un succès inespéré en France.
Je n'ai pas les chiffres, je vais essayer de les ouvrir en même temps que je parle, mais je pense qu'on ne s'attendait pas à grand-chose. Et Si je ne m'abuse, c'est devenu le film qui a fait le plus d'entrées cette année.
Je vais aller voir...
Je le vois pas, mais bon. C'est ça. Donc, ça a vraiment été un succès inespéré.
Et puis, je l'ai ici. Il a fait 230 000 entrées en trois semaines.
Donc, je pense qu'il a fait au total 300...
376 000 entrées, puis le film est toujours à l'affiche, donc pour un film d'animation indépendant, qui avait été quand même dans quelques festivals, je mentionne les Cairns, bon il y avait le festival d'Annecy également, mais c'est ça, c'est vraiment un succès inespéré.
C'est le genre de film que j'aime, le type d'humour que j'aime en fait. L'animation n'est pas nécessairement exceptionnelle.
Elle est soignée, un peu comme un épisode de Rick and Morty, par exemple. Mais elle est très colorée, ça c'est sûr. Ça reflète, je crois, l'identité du film en soi.
Mais c'est ça, elle est très caricaturale par moment. Mais le rythme est très rythmé. Très rapide, en fait. J'ai beaucoup aimé le rythme, j'ai beaucoup aimé l'humour. C'est pas tous les gangs, nécessairement, qui sont venus me chercher, ou les situations, peut-être, sont un peu... À certains moments, on sent qu'il y a peut-être un petit peu de remplissage. C'est un film qui peine, je crois, à atteindre son 90 minutes, là. Je pense qu'on est à 85 minutes au total. Il y a quelques scènes, on sent qu ils traînent en longueur, juste pour... on va dire, justifier le fait de sortir en salle. Mais au-delà de ça, le message est très cool, tu sais, ça envoie une claque au visage à ceux qui pensent que l'homosexualité c'est une maladie qu'on peut guérir et tout. Donc on retourne la table en disant que là maintenant c'est les gays qui vont être qui vont devenir hétérosexuels.
Il y a, on peut faire sûrement, assurément un parallèle avec l'épidémie de Sida des années 80, qui touchait vraiment la communauté homosexuelle d'abord. Donc, c'est ça, il y a des parallèles à faire. Mais ultimement, c'est surtout une très belle aventure. C'est un peu un coming of age parce que c'est celui qui va aider l'influenceur, l'influenceurs s'appelle Jim Parfait. donc Lucien qui va l'aider et est en quelque sorte sorti du placard mais pas officiellement parce que sa mère on comprend qu'elle est une quelqu'un d'influence en France et puis c'est ça il garde ça pour lui ou ben en tout cas à la demande un peu de sa mère et donc c'est ça donc c'est un peu Un récit initiatique pour ce jeune homme-là et puis une course contre la montre pour notre Jim parfait qui essaie de se soigner avant qu'il soit trop tard et qu'il perde tous ses followers sur Instagram. Oui, c'est ça. Donc, animation très colorée, rythme super, super bon. Très bonne comédie, très dynamique, et puis qui fait réfléchir. Honnêtement, je suis content que ce genre de proposition-là existe. Malheureusement, comme je l'ai dit, c'est dommage qu'à moins d'avis contraire, elle ne sortira pas à l'extérieur des grands centres qui sont Montréal et Québec.
On sait pas, peut-être dans les prochaines semaines il va prendre l'affiche ici à Sherbrooke, je le souhaite. Parce que c'est ça, c'est un type d'animation pour adultes qu'on voit rarement au cinéma. C'est plus des films d'animation familiaux ou pour enfants seulement. Donc l'animation pour adultes c'est toujours cool. Puis, c'est ça, c'est vraiment un film qui a un bon fond, qui va plaire, tu sais, pas juste à la communauté gay ou queer, qui a le potentiel de plaire à un plus vaste public, et puis qui vaut vraiment le prix d'entrée, vraiment, je vous le reconseille, Jim Queen. du tandem français Marco Nguyen et Nicolas Attane. Ça prend l'affiche aujourd'hui à Montréal et à Québec. On s'en va.
On va aller parler tout de suite à notre chroniqueur invité Maxence Gagné et puis je reviens tout à l'heure pour vous glisser un petit mot sur Digger et puis pour clore cette belle émission.
Coller les uns aux autres sans n'arrêt...tion!
Oui, ça va super bien, merci.
Aujourd'hui, tu nous plonges dans, je ne sais pas si j'oserais dire le cinéma américain des années 30, parce que même si c'est un film produit à Hollywood, il n'y a pas beaucoup d'Américains dans ce projet-là.
Le film Ninotchka d'Ernst Lubitsch. Pourquoi tu voulais nous parler de ce film-là aujourd'hui?
[00:28:42] Speaker B: Ben c'est ça, j'avais déjà entendu parler de Ninotchka, surtout en faisant mes recherches par le passé pour des podcasts qu'on avait fait, Marlene Dietrich, Joseph Von Sternberg, on avait fait Scarlett Press, je crois.
Pis également... Pandora's Box. Oui, Pandora's Box pour Louise Brooks. En tout cas, bref, quand on avait parlé d'autres actrices très connues... Louise Brooks n'était pas très connue dans les années... C'est par la suite que sa carrière a été revue à la hausse. Mais disons, en parlant d'actrices qui ont été des symboles dans les années 20, dans les années 30, je voyais souvent des comparaisons avec Greta Garbo, qui était l'actrice dans les deux premières années des années 30 avec le plus de succès au box-office. C'est tout le temps un peu le benchmark quand tu regardes une actrice des années 30.
Elle a plus d'énergie que Greta Garbo. Elle est plus sex-symbol que Greta Garbo. Plus ci, plus ça que Greta Garbeau. Moins ci, moins ça que Greta Garbeau. C'était comme Marlene Dietrich.
Ce qu'elle a t'impresse, c'était peut-être que les spectateurs en ont déjà trop vu de luxe et de robes flamboyantes à cause d'Anna Karenin de Greta Garbeau. Tant les comparaisons avec Greta Garbeaux, Je sais pas, ça m'intriguait d'aller voir pour moi-même la véritable Greta Garbo plutôt que ce qu'on en disait dans les critiques ou sur les pages Wikipédia d'autres actrices.
Puis le film de Greta Garbo qui est aujourd'hui le plus connu, c'est Ninotchka.
Puis c'est ça, c'est un peu...
C'est ironique parce que c'est pas tout à fait ce qui faisait sa marque de commerce au début.
Au début, Greta Garbo, c'était des films...
qui est comme Anna Karenin, Grand Hôtel ou Matari. En tout cas, des films un peu tragiques, où Greta Garbo avait des rôles subtils, disons.
C'est souvent une personnalité assez... Je vois sur sa page IMDB les surnoms qu'on lui donnait.
Je vais les traduire, mais le sphinx suédois, le visage, en tout cas, bref.
[00:31:31] Speaker A: Une interprétation assez sérieuse, assez stoïque.
[00:31:34] Speaker B: C'est ça, bref.
Ninotchka, ils ont voulu en faire la publicité un peu pour revimper sa carrière après des flops commerciaux des deux dernières années précédentes. Ça bougeait vite Hollywood à ce moment-là.
Je vois ça, tu sais, en 1935, Anna Karenina, gros succès commercial.
Puis après ça, disons, je sais plus, 1937-1938, c'est quand même les derniers films de Greta Garbo ont foiré. Fait que Garbo, c'est devenu un poison au box-office.
T'es pu in 2-3 ans, puis déjà t'es poison au box-office. Ils veulent réinventer sa carrière. Peut-être que le style trop stoïque est passé date. Ils décident de donner, pour une première fois, une comédie à Greta Garbo.
Ils en font de la publicité.
sur la tagline en utilisant Garbo Laughs, donc Garbo Rie, ce qui est un peu une allusion à Garbo Talks qui avait été faite en 1929 pour son premier film parlant, parce qu'à la base c'est une histoire du cinéma muet Greta Garbo.
[00:32:56] Speaker A: Puis il n'y a pas beaucoup d'actrices ou d'acteurs, surtout des acteurs et actrices internationaux, tu sais, tu l'as mentionné, les suédoises, mais il n'y en a pas beaucoup qui ont réussi à faire une vraie transition entre le muet et le parlant, ne serait-ce que parce qu'il y avait des accents ou parce que maintenant les méthodes sont différentes, tu sais, la prise de son et tout, c'est ça. C'est une des rares qui a réussi à faire cette transition-là.
[00:33:24] Speaker B: C'est assez un exploit parce qu'à la base, elle ne parlait même pas anglais. Il a fallu qu'elle l'apprenne aussi.
J'ai oublié son nom, mais elle avait un amant à cette époque-là qui était aussi son professeur d'acting, qui était un acteur, mais aussi quelqu'un qui l'aidait avec son acting. J'ai oublié son nom, je pense que c'était John quelque chose.
[00:33:47] Speaker A: OK.
[00:33:48] Speaker B: Pas très important de toute manière pour ce que je veux dire, mais bon, c'est quand même... Ça commande un peu le respect.
[00:33:58] Speaker A: John Gilbert.
[00:33:58] Speaker B: C'est ça, bon, c'est ça.
C'est cet homme-là qui était... C'est son amant et son professeur de jeu. Ensemble, ils ont réussi assez l'espoir d'aller...
de lui apprendre à jouer en anglais, puis avec un accent quand même assez subtil. Quand on n'utilise pas le faux accent russe dans ce film-là, dans le film «Ninotchka», j'entends pas beaucoup l'accent suédois, mais il faut dire que là, c'est 10 ans.
C'est dix ans après son premier film parlant, puis peut-être même une quinzaine, une treizaine d'années après son arrivée aux États-Unis, donc elle a eu le temps de s'accoutumer, disons. Mais pour parler de ce qui se passe dans le film, puis ça c'est le fun de parler de ce qui se passe dans ce film, de le résumer, Parce que si les gens regardent sur la page Wikipédia, c'est basé sur une histoire de Mel-Charles Lingiel.
Ma prononciation a des difficultés. Mais bref, quand on dit que c'est basé sur une histoire, c'est ce gars-là dans un pool party, supposément, je sais pas, je pense pour s'amuser, ses amis puis lui, sûrement avec des propriétaires de studio, des producteurs de studio, se sont dit, il faut inventer une histoire pour un film comique avec Greta Garbo.
Puis l'histoire sur laquelle le film est basé, elle fait juste trois phrases.
On peut la lire au complet, c'est pas un roman. Là, je l'ai traduit parce que je veux pas tout lire ça en anglais. C'est une jeune Russe imprégnée d'idéaux bolchevique se rend dans un Paris capitaliste, monopoliste et effrayant. Elle y vit une aventure amoureuse et s'amuse follement. Le capitalisme n'est pas si mauvais, finalement. En tout cas, c'est ça.
C'est ça. L'histoire, c'est un peu Fish out of Water. C'est un trope de comédie assez... On l'a vu avant, on l'a vu après. C'est une histoire qui fait trois lignes. Ça me faisait penser, quand j'ai appris ça, à la citation d'Orson Welles. Je l'ai citée en anglais, celle-là.
Je ne vais pas essayer de prendre la voix d'Orson Welles. Je n'ai pas la voix aussi grave. «You could write all the ideas of all the movies, my own included, on the head of a pin.» Juste pour dire que ce film-là impressionnera personne. Ninotchka ne va pas impressionner personne par la complexité de son histoire, mais on va quand même l'étayer un peu.
Le scénario a quand même été développé après ça par Lou Beach, par Billy Wilder. On ne l'a pas mentionné, mais Billy Wilder a commencé un peu à faire ses armes avec ce film-là en apprenant de Lou Beach. Je pense que le premier film de Billy Wilder, c'est 1942.
Je pense que The Lost Weekend, c'est 1945, qui est comme son premier chef-d'oeuvre. Mais avant ça, il a fait ses armes à la comédie en apprenant de Ernst Lou Beach. Voilà le scénario un peu plus étayé.
Donc, trois employés du gouvernement russe s'en vont à Paris vendre des bijoux. qui ont réquisitionné un ex-duchesse russe. Ils se font pincer par un autre russe en exil, un noble, Léon, qui est joué par Melvin Douglas. Je ne connaissais pas tant bien en tant qu'acteur, mais je prends la peine de le mentionner.
Il y a quand même deux Oscars, c'est quand même pas rien.
Ils tentent de récupérer le personnage de Melvin Douglas en passant par la justice et les tribunaux français.
Le commandement russe un peu affolé envoie le personnage de Greta Garbo, qui est comme une Bolchevique très convaincue, très froide. pour gagner le procès pour les Diamants, malheureusement, heureusement pour les spectateurs et pour elle, malheureusement pour le gouvernement stalinien à l'époque, elle tombe amoureuse de Léon, donc sa loyauté envers le régime soviétique est testée, puis comme l'histoire qui fait trois phrases le dit, le capitalisme n'est pas si mauvais finalement, elle apprend ça.
C'est un peu un film... C'est un peu un film, je pense... On va se le cacher, anti-communiste.
Puis d'ailleurs, c'est un peu dans... C'est pas très très méchant envers les communistes, disons, Ça servait à en faire pratiquement la propagande. mais... Durant la Seconde Guerre mondiale, je pense que les alliés voulaient le censurer ou plus le projeter parce que finalement, les soviétiques sont devenus nos amis.
Puis aussi parce que ça, c'est pas une médaille...
Le film peut être bon malgré tout, mais c'est pas une médaille apportée filièrement.
Joseph Goebbels, le ministre de la propagande nazie, si je ne me trompe pas. Joseph Goebbles, c'était son film préféré, supposément.
Parce que c'est un film anti-communisme. Évidemment, les nazis étaient contre le communisme à ce moment-là.
C'est ça.
Mais c'est pas particulièrement virulent, je trouve, comme critique du communisme non plus. C'est une comédie. C'est aussi virulent envers le communisme.
que mettons «To be or not to be» est contre le nazisme ou «The Great Dictator» est contre le nazisme. Ça reste une comédie assez light, assez légère.
C'est pas non plus une «Glorious Bastards» par rapport au nazisme. J'ai pas d'exemple par rapport au communisme de comédie.
[00:39:59] Speaker A: Non ben tu sais l'équivalent au Québec ce serait de Rire des Français. Je veux dire ça reste très taquin mais c'est pas... C'est pas... Tu sais c'est ça, c'est pas le moteur narratif du film ou une critique quelconque. C'est juste ça, ben oui. C'est vrai que les Russes se sont stiff depuis que Lénine a renversé les tsaristes, ben évidemment c'était des...
C'était de son époque, en 1939. On est un peu plus que 20 ans après la Révolution.
C'était parmi les objets politico-culturels de l'époque, évidemment.
[00:40:36] Speaker B: Oui, c'est absolument ça.
Je voulais parler de mes impressions sur le film maintenant.
C'est un film... Je trouve que ce qu'on ne voit pas assez, c'est peut-être une réussite, c'est une réussite relative, c'est qu'on n'est pas tous fans de ce film-là, mais qui aurait très bien pu déraper parce qu'à l'origine, c'était Georges Cukor qui devait réaliser le film. En tout cas, si les gens sont un peu au courant, George Cricore a travaillé sur Autant n'emporte le vent, pas juste lui. Il y a eu 3-4 réalisateurs sur Autant n emporte le vent.
Bref, il a dû s'absenter du tournage de Ninotchka.
Puis à la place, La MGM a remplacé QCOR par Lubitsch. Je pense que c'est intéressant de noter que Greta Garbo à l'époque, elle était tellement puissante à l'époque qu'elle a imposé un ultimatum à la MGM. Soit vous remplacez QCOR par Lubitsch, Je vais me foirer son nom, mais Edmund Golding, qui avait fait Grand Hôtel, donc un film qui avait gagné l'Oscar du meilleur film.
On ne s'en souvient plus vraiment de ces films-là. Ça, c'est une autre affaire. J'ai oublié de mentionner Greta Garbo.
Ça me fait rire aussi, tous ces films-là, gros succès commerciaux, les Anna Karenin, Grand Hôtel, Camille, Matari.
C'est plus des films dont on entend tant parler de nos jours, mais pourtant c'était des gros événements.
à l'époque. Puis à la place, on les a remplacés par des films, disons, donnés à la conscience populaire, par des films comme Scarlett Empress de Joseph von Sternberg, qui était comme peut-être plus audacieux expérimentalement, donc on s'en est souvenu.
[00:42:35] Speaker A: Globalement aussi, je trouve que les films des années 30, ce n'est pas ceux qui, d'un, ont les mieux vieillis, et de deux, ceux vers lesquels on a envie de se tourner.
Hollywood était aussi à ses débuts du cinéma parlant. T'as le Code Ace qui arrive en 1934 aussi qui vient un peu censurer quelques oeuvres. Ça a été pire dans les années 40 et 50. Mais le cinéma des années 30, c'est rare qu'on y revienne en dehors des gros classiques, je trouve.
J'ai Le Magicien d'Oz.
Même au temps d'En Porte-le-Vent, on y retourne pas si souvent que ça. Je sais pas si c'est parce qu'il dure quatre heures ou parce que... Ou parce que c'est...
[00:43:24] Speaker B: C'est politique, on mal vieillit.
[00:43:26] Speaker A: Ouais, c'est ça. Aussi, mais bref, tu sais, je trouve qu'on retrouve souvent les années 30, c'est un peu la décennie oubliée, je trouve, parce que... Les années 20, il y a quand même plusieurs grands films muets qui ont été faits. Les années 40, c'est soit des films de guerre ou des proto-noirs un petit peu. Il y a de quoi se mettre sous la dame. Mais les années 30, c'est comme...
Comme un flou.
[00:43:50] Speaker B: Je pense que le cinéma américain, en tout cas, se cherchait peut-être un peu dans les années 30 parce que c'était encore...
Je dirais pas, c'est pas le début, début du cinéma parlant, mais un peu quand même. Puis là, les réalisateurs, des fois, ont commencé à être trop, trop s'en tenir au cinéma parlant. Puis il y a peu de genres qui ont... La mise en scène, la pure mise en scène, les choses, les Murnau, Fritz Lang, on n'était plus... Quand on regarde le film Ninotchka de Lubitsch, c'est bien réalisé, mais on n'a pas la même maîtrise que Fritz Lang pouvait avoir.
On en dit moins visuellement que les films de 1920 pouvant dire, malgré le fait que Lubitsch est reconnu, contrairement à d'autres, par justement, c'est son humour visuel, mais bon, on n'est pas tout à fait à ce qu'on pouvait avoir dans les années, je sais pas, 50 ou en tout cas. C'est un peu comme ça quand le cinéma frappe des révolutions technologiques.
Quand il y a eu l'apparition du cinéma en couleur, techniquement c'est 1935, mais en pratique, la plupart des gens ont vu leur premier film en couleur, peut-être avec Blanche-Neige en 1937, puis avec des vrais acteurs, peut-être en 1939 avec Le Magicien d'Oz.
C'est pas parce qu'on a de la couleur qu'il faut en mettre partout. Faut réussir encore à... Faut raconter quelque chose avec la couleur. Faut essayer d'éviter le pur réalisme avec la couleur. Surtout qu'une fois que... Une fois que tu mets de la couleur, c'est beaucoup plus difficile à gérer que le noir et blanc. Il y a juste plus de tons, il y a plus de nuances.
C'est pour ça que lui qui a préféré faire des films en noir et blanc, puis laisser les films de couleur aux gens qui avaient vraiment des idées...
je sais pas, expérimental, des idées nouvelles. Dans les années 30, avant la couleur, admettons, Ninotchka, c'est pas avant la couleur, mais c'est sûrement noir et blanc. Mais disons, je pense qu'on avait le même problème avec le son.
On l'utilisait à toutes les sauces. Des fois, on savait pas trop quoi en faire. Je trouve pas que Ninotchka s'apparaît tant que ça. Je trouve aussi qu'il y a beaucoup de comédies screwball qui ont quand même bien survécu. T'sais, avec les Cary Grant, les East Gulf Friday, ça a bien survécu, mais on a perdu aussi...
On a perdu une gang aussi des films peut-être plus dramatiques, dont les films de Garbo, les Anna Karenina, etc.
Puis les films de Sternberg, eux, ont survécu parce que Sternberg, il n'a pas voulu délaisser son expérience du cinéma expressionniste allemand.
Donc, je pense que c'est une raison pour laquelle ça a survécu. Pabst aussi, on s'en met Pabst. Là, j'ai un mauvais exemple.
Après, techniquement, le Pandora Xbox, c'est un film muet, je pense, mais c'est à peu près 1927.
Il y a encore... Il y a même... Je pense que c'est les films dont on se souvient maintenant, c'est les films qui sont très bien réalisés, mais ça, c'est aussi dû au fait que...
Beaucoup de ce qu'on retient de ces époques-là, ça nous vient des cahiers du cinéma, de la théorie des auteurs.
Les Truffauts, les Godard, etc., les films trop...
trop conventionnels formellement. Ils ont démoli comme il faut. Je pense que là, si on sort en dehors du cinéma américain, les films de Carné, Jean-Marcel Carné, ils ont pas mal tous démoli. On s'en souvient plus de grands, à part évidemment les Enfants du paradis. Ils ont épargné les Enfants du paradis de leur massacre.
Mais autrement, je pense que le jour se lève, il n'est pas tant apprécié par les cahiers du cinéma. C'est avec Jean Gabin, puis... C'est ça, mais bon.
C'est ça. Je vais retourner parce que je voulais parler de pourquoi ce film-là, malgré les obstacles, fonctionne si bien. En plus de Lou Beach, comme on a dit, qu'ils ont réussi à engager pour remplacer Cukor, Ils ont trouvé, pour pas finir le scénario qui était médiocre, mais ça c'est pas difficile de le savoir, à la vue de l'estrat comme dans les trois lignes que j'ai lues, c'était assez barebone.
Ils ont engagé Billy Wilder pour rajouter surtout les répliques les plus sharp du film.
Ça, je pense que ça élève pas mal le niveau. Je vais juste en citer un exemple qui me fait rire, surtout parce que dans l'époque du Code A, après 1934, tu l'as déjà dit, Je pense que Garbo, quand elle arrive dans l'hôtel pour la première fois, elle va rencontrer les trois agents russes qui ont échoué leur mission.
Elle va se rendre compte qu'ils sont un peu dans un délire où ils s'amusent avec les... comment ça s'appelle ça? Femmes de chambre. Avec les femmes de chambre.
Puis elle va leur dire juste... Je vais citer le mieux que je peux, mais je n'ai pas... Je n'ai pas allé revisiter précisément pour voir si c'était correct verbatim.
Mais elle va leur dire «I think you smoked a lot». La scène coupe, on imagine des points de suspension, je pense, moi, dans la version que j'ai mise, que j'ai regardée sur YouTube, il y avait des points de suspension. Moi, ça me fait juster de... Comment dire? Que ça suggère qu'ils ont fumé autre chose que des cigarettes et du tabac. Je trouvais ça audacieux pour l'époque. Puis tout de suite, je reconnais l'humour des... des one-liners de Billy Wilder.
Ça fait évidemment penser à The Apartment, à des choses de Some Like It Hot qui ont des phrases également un peu provocatrices d'eux-mêmes.
Malgré que ce sont des films qui sont 20 ans plus récents, qui sont sortis en 59-60 respectivement. Ça, je pense que ça ajoute vraiment quelque chose au film. Je ne vais pas citer toutes ces choses-là.
Je ne sais pas si tu voulais rajouter quelque chose.
[00:51:05] Speaker A: Ben non. Moi aussi, il y a quelques petits gags ici et là que j'ai bien appréciés, soit dans le dialogue ou dans les mimiques, à un certain moment, celle que je me souviens.
Ils cherchent justement cette Ninotchka, l'arrivée de cette émissaire russe là, puis là ils sont comme «Ah, je pense que c'est elle là-bas », puis là ils y assuivent, puis là c'est deux personnes qui se font un salut nazi, puis ils ont l'air comme «Oh non, c'est pas eux». C'est des petits gags, bien là c'est visuel et scripté.
[00:51:40] Speaker B: Ça, je pense, c'est plus... Quand c'est plus visuel, je pense que c'est Lou Beach, là.
[00:51:44] Speaker A: Ouais, ouais, ouais, ouais. Définitivement, tu sais, Lou Beach, moi, j'avais... Ouais, c'est ça, j'avais beaucoup aimé To Be or Not To Be. J'avais beaucoup aimé The Shop Around the Corner, tu sais, qui est peut-être un peu plus romantique que comique, là, mais... Mais c'est ça. J'aime bien le timing comique, habituellement, de Lou Beach, même si j'avoue que dans celui-là, j'ai pas... J'ai pas ri outre mesure, ou en tout cas, j'ai peut-être pas été...
aussi séduit que dans d'autres de ses films.
Je sais pas pourquoi, moi aussi c'était mon... Ben toi je sais pas là, tu l'as pas mentionné, mais c'était mon premier Greta Garbo également.
Pis t'sais j'ai pas de référent non plus vers lequel me tourner dans son interprétation que j'ai trouvé évidemment froide, mais c'était l'objectif. À un certain moment le déclic s'est fait, pis là elle se met à justement succomber au charme du capitalisme. Mais c'est ça j'ai... Je l'ai trouvé très sympathique. C'est vraiment un film d'un autre temps, d'une autre époque, qui a quand même des bons éléments qui ont vieilli, mais au niveau des thématiques ou de la simplicité du récit, je ne pense pas que ça va vieillir aussi bien que, disons, To Be or Not To Be dans son répertoire. Je ne sais pas pour toi.
[00:52:55] Speaker B: Ben, je pense aussi que non, c'est pas un film... Ben, c'est pas To Be or Not To Be, mais j'avais pas non plus... To Be or Not To Be, en même temps, c'est...
Je sais pas si c'est un problème que j'ai avec les films de Lubitsch en général, mais disons, je trouve tout le temps ces films plus drôles, tu sais, le concept est drôle, puis c'est bien exécuté au début, puis après ça, des fois, je trouve ça... To be or not to be, j'avais beaucoup aimé la scène d'ouverture, là. Qu'est-ce que Hitler fait, genre, dans une rue comme ça, en Pologne? Tu sais, c'est intriguant, puis tout. Puis là, tu rencontres une troupe de théâtre, tu sais, je sais pas, c'est ça... Ça fait un film que j'ai longtemps... Ça fait longtemps que j'ai vu, mais je trouve que ça...
[00:53:35] Speaker A: Je sais pas...
[00:53:36] Speaker B: C'est un film que j'apprécie, ça fait longtemps que je l'ai vu, mais comme Ninochka, je trouve des fois que ça s'essouffle dans son second acte. Contrairement à toi, j'avais aimé le fait que Greta Garbo soit froide au début avec l'accent russe. Ça avait un charme, un exotisme.
Un peu une rareté. Puis après ça, quand l'accent russe... Ça me dérange... Je pense que ça ne me dérangeait pas que les personnages deviennent plus... disons... plus boblis, j'ai pas les mots, vers la fin du film. Plus enjoué, moins stiff vers la fin du film. Mais je pense que j'ai été un peu agacé par le fait que l'accent russe disparaisse.
Ça apporte vraiment, ça distingue le personnage. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça. Après ça, je parlerai de choses plus positives, mais techniquement aussi, la grande duchesse... Comment s'appelle-t-elle? Susanna? Saviana? J'ai pas noté le nom.
Je vais le trouver. Le personnage de Melvin Douglas.
Les trois Russes, c'est moins pire, Les Russes de la noblesse dans ce film-là ont pas d'accent russe.
Ça aurait été drôle d'avoir un film américain avec juste des accents russes. Peut-être que c'est juste moi qui ai comme un fantasme.
Malgré que l'accent russe de Greta Garbo était pas top top, c'était vraiment caricatural. C'est pour la comédie, moi, ça me faisait... J'aurais trouvé ça drôle, un film américain avec juste des accents russes. Mais bon, c'est la vie à cette époque-là.
C'est...
Je pense que c'était déjà assez rare qu'il nous donne cet accent-là pendant une moitié du film.
Ça, c'est ce qui me déçoit dans le premier acte. Mais j'aime aussi, il y a tellement de bons moments dans ce film-là que je le pardonne, parce que, je sais pas, on va en nommer deux. J'en avais un sur mes notes, mais il y en a un deuxième aussi qui m'intéresse. Je vais commencer par le deuxième.
Je pense, ils sont, Ninotchka et Léon sont dans un party, puis d'un coup, elle boit trop de champagne. C'est la première fois qu'elle boit de champagne, sinon elle buvait de la vodka, qu'elle dit. D'un coup, je sais plus pour quelles raisons, elle s'en va dans la part d'un room. J'imagine que c'est la chambre de maquillage.
Puis là, il y a un majordome tout énervé qui s'en va dire aux personnages de Melvin Douglas, le Léon, que Ninotchka est en train de propager de la propagande communiste dans la part d''un room.
Pis là, le gars, le personnage de Mervin Douglas, il a pas trop envie, il se sent pas assez brave pour aller la confronter. Fait que t'sais, il avait commandé un brandy au bar. Pis là, tout d'un coup, il ressortait envers le barman, il dit «3 brandys, please». En tout cas, moi, c'est... C'est juste, je trouvais ça... Moi, c'est une de mes blagues préférées du film. Sinon, peut-être la visuellement la plus marquante, je pense que c'est juste après, je pense, ou juste avant. Je sais plus. Mais un personnage de Greta Garbo encore, elle est saoule avec le personnage de Léon.
Elle commence à avoir des espèces de regrets, comme quoi, je trahis la patrie, puis sûrement je vais me faire fusiller si je retourne en Union soviétique, en Russie.
Elle se met au dos contre le mur, puis le personnage de Melvin Douglas, il sabre le champagne qui est en train de pop la bouteille comme si ça se faisait Ouais, tiré. Écoutez, moi je trouve que c'est des trouvailles du mot visuel comme ça. Puis c'est là que je la trouvais particulièrement... Tu sais qu'on critique des fois les films, mauvaise mise en scène, mais cette scène-là en particulier, l'image, je la trouvais quand même esthétiquement très plaisante. T'avais un jeu aussi... par la profondeur de champ, elle en arrière, puis lui très très proche, la bouteille prenait comme le 3 quart de l'écran. Je trouvais ça quand même assez réussi dans le film. Puis ça encore là, ils appellent ça la touche Lou Bitch, quand il y a ce petit mot visuel là.
Mais c'est ça, avec moi...
[00:57:50] Speaker A: C'est un super bon film, tu sais, c'est un très bon film, mais pas un que je... que je vais avoir envie de revisiter, par contre, parce que... C'est ça. Je pense qu'il a fait d'autres comédies, ou en tout cas, il y a d'autres comédies peut-être un peu plus efficaces auxquelles je vais penser. Puis aussi, le film est plus difficile d'accès. Puis là, c'est un peu paradoxal parce qu'il est sur YouTube. Mais je veux dire, il n'est pas distribué. Il n'est sur aucune autre plateforme de streaming, ce qui m'étonne quand même.
La MGM, pourtant, c'est Amazon. D'habitude, ils possèdent...
[00:58:26] Speaker B: Je pense que ce qui est arrivé, c'est aussi, là ça va être encore plus triste, mais c'est que la MGM, je pense le vieux catalogue de la MGM a été racheté par la Warner Bros.
[00:58:35] Speaker A: Ah, bon.
[00:58:36] Speaker B: Pis là, la Warner Bros. ils ont décidé de sortir ça, tu sais, ils ont le service de Blu-ray ou DVD sur demande, les Warner Archives Collection.
Pis ces films-là, tu sais, tu les trouves nulle part parce qu'il faut vraiment les commander pis ils prisent quasiment à la demande.
Je pense que le film est pris vraiment dans cette chose-là. Ce n'est pas un film qui leur fait assez d'argent pour qu'ils le ressortent. Je ne pense pas qu'il soit sur HBO Max. Après ça, on risque d'avoir du fun. Je ne sais plus où c'est rendu, mais la Warner Bros. va être achetée par Ellison et Paramount. Ça risque de se faire démolir. En plus, le Warner Archive Collection, il risque de prendre pour son rum. Ça me fait penser aussi... Warner avait juste ouvert, j'ai oublié c'est quoi le nom que ça portait, mais une autre division pour les films perdus.
Entre autres, ils vont sortir The Devils de Ken Russell. Ils l'ont sorti au Festival de Cannes. Ça va sortir au TIFF, au Festival de Toronto, je pense. Puis après ça, ça va sortir sûrement en Blu-ray. Je sais pas si c'est Criterion qui va gérer ça.
Peut-être que ça va être Warner eux-mêmes. Mais après ça, je pense... C'était le premier film de cette division-là. Après ça, je pense que la division va fermer. Apparemment, t'as pas encore montré tes intentions. C'est surtout un film comme The Devils. Apparemment t'as tendance à vouloir...
faire plaisir à la clientèle de droite, mettons. Puis The Devils, c'est dans les... Ça fait longtemps que c'est un film enterré, justement.
Puis ça faisait de la controverse auprès des groupes religieux. Ça risque de faire fermer la division aussi, mais ça va être drôle. On va avoir eu un film de la division de Warner Bros. Ce qui n'est pas une mauvaise affaire vu que c'est The Devils. C'est quand même un film... c'est quand même assez anticipé, assez attendu. Fait qu'au moins, pour que ça soit un seul film, c'est pas n'importe lequel, mais bon... Ça, c'est... Tout ça, c'est très drôle. Là, on dit que Ninotchka, c'est le film sûrement de Greta Garbo le plus connu de nos jours, mais bon, c'était pas le plus connu à l'époque, malgré que c'était un gros succès commercial, puis ça avait été nommé pour quatre Oscars, mais c'est pas non plus le plus gros.
Les autres films, on s'en souvient encore moins, sont encore moins distribués.
Je sais même... Ben, ils sont sûrement trouvables sur YouTube encore. Mais je sais même pas si la Warner Archives Collection les a sortis, ceux-là. Je vais pas aller regarder.
Pis c'est ça. Fait que c'est drôle comment les temps peuvent changer pis qu'un film... Un film qui est... dont tout le monde parle dans les années 30, ben... Ça peut être très difficile d'accès de nos jours. Puis ça, c'est tout le temps des bons exemples quand j'ai des conversations avec le monde qui veulent me dire que je devrais m'abonner à Netflix parce que je peux tout trouver ce que j'ai besoin sur Netflix.
[01:01:32] Speaker A: Ben non.
Ben écoute, Netflix a failli racheter la Warner, fait que peut-être que ça aurait été vrai.
Mais non, effectivement. Mais bref, pour conclure, Ninotchka est disponible sur YouTube en bonne qualité quand même. Puis voilà. Merci beaucoup Maxence de nous avoir présenté donc ce film de 1939, Mettant en vedette Greta et Garbo. On se retrouve, je sais pas exactement quand, dans une ou deux semaines à voir, mais merci beaucoup de nous avoir présentés le film.
[01:02:04] Speaker B: Merci, bonne journée.
[01:02:06] Speaker A: Un jour je vais faire un film Je ferai la prise de son La réalisation Direction le feu! Vous êtes de retour à Ciné-Histoire, et puis je vais conclure cette émission aujourd'hui en vous parlant un petit peu de Digger, donc nouveau film d'Alejandro González et Iñárritu, qui, après... ben, avoir reçu plusieurs mauvaises critiques, ben, s'est ramassé à être un flop au box-office. Puis, sans dire que je me l'explique mal, j'avoue quand même que je m'attendais à un plus grand, ben, Une meilleure réception de critique combinée à un plus grand engouement du public.
C'est quand même un film avec Tom Cruise, d'autant plus que ça fait un moment qu'on entend parler de ce film-là. Je pense que dans le temps qu'il sortait Mission Impossible 8, il y avait parlé de ce film-là qui s'en venait. Alejandro González Iñárritu, ça fait un petit moment qu'il n'a pas fait de film, mais The Revenant, Birdman, ça avait connu quand même des très bons succès.
Je m'explique mal à quel point ça a été un aussi gros flop.
On parle de 8 millions à sa première fin de semaine. Sur un budget, on parle entre 125 et 180 millions. Bon, d'après moi, on est plus autour du 125-150 millions, mais c'est épouvantable, les pertes qu'on a faites. D'autant plus que c'est un projet ultra risqué, parce que la bande-annonce dévoile pas grand chose, ou ce qu'elle dévoile, c'est tellement polarisant que... Ben, en tout cas, moi, ça a piqué ma curiosité, ça l'a piqué pour d'autres personnes aussi, mais est-ce que les critiques ont parlé trop fort et l'ont trop démoli? Encore une fois, la critique est pas non plus...
100% mauvaise, c'est juste qu'elle est très divisée. Il y a des gens qui adorent ce film-là, il y a beaucoup de gens qui le détestent. Et pour ma part, j'ai vraiment bien aimé. Tu sais, sans dire que c'est un grand film, j'ai reconnu la touche d'Alejandro González Inarritu, qui est un de mes réalisateurs favoris. des plans en contre-plongée, des wide angles.
C'est Emmanuel Lubezki qui revient à la direction photo. Lui a fait d'autres films de González y Naritu, mais il a fait aussi des films avec Terrence Malick. Donc visuel très léché.
qui moi me plait beaucoup au cinéma, un peu tape à l'oeil des fois, mais moi ça me plait, somme toute. Là c'est le propos, c'est surtout le propos qui me rejoint moins, qui rejoint moins aussi d'autres personnes, pis là je veux pas trop en dévoiler parce que y'a quand même des choses que la bande-annonce ne dévoile pas, notamment sur l'aspect métal. et des trucs comme ça, donc je ne veux pas trop en dévoiler non plus, mais reste que, à mon sens, ça reste une proposition assez unique, surtout de cette année.
Une proposition unique, pas parfaite, mais qui est quand même... J'ai de la misère à penser à ça. trois films qui ressemblent à ça, mettons. Peut-être un, peut-être deux, mais tu sais, c'est ça. Il n'y a pas beaucoup de films qui me viennent en tête quand je vois dégueu. Quand on lit la description seulement, oui, ça peut faire penser à d'autres trucs, mais ultimement, c'est vraiment sa propre affaire.
Ça va ramasser quelques nominations aux Oscars. J'en suis pas mal certain.
Est-ce que Tom Cruise va réussir à tirer son épingle du jeu? Par contre, ça, je ne sais pas. On sent qui. Il travaille fort pour gagner peut-être son premier oscar compétitif, parce qu'il en avait gagné un pour son apport au cinéma l'an passé.
Mais c'est ça, je sais pas, je m'explique mal un peu ce flop-là, mais il vaut assurément la peine d'être vu. Pour vrai, puis dépêchez-vous si vous ne l'avez pas fait, parce que le film va probablement plus être à l'affiche la semaine prochaine.
ça reste moins grotesque que je croyais et ça reste... un... ben... je vais dire un peu plus pertinent, mais ultimement c'est ça, c'est le problème je pense des films qui... sont un peu le miroir de notre époque. Un comparatif qu'on pourrait faire, c'est Eddington qui parlait de la COVID. Il est peut-être arrivé un peu trop tôt. Peut-être qu'il faudrait... On a trop le nez collé dans ces crises climatiques-là, dans ce despotisme ou en tout cas l'espèce de... le pouvoir aux riches et tout ça. Je crois que dans 20 ans, 30 ans, quand le monde aura changé et que les gens vont revisiter ce film-là, il va s'établir comme un succès culte peut-être, ou un film à revisiter au moins. Mais qu'aujourd'hui, ça nous parle pas parce qu'on regarde autour de nous et c'est aussi grotesque.
et anxiogène que le film est, donc pourquoi j'irais voir ça au cinéma? Je veux m'évader au cinéma, je veux pas juste voir une pastiche de Trump qui détruit le monde.
C'est ça, c'est peut-être un peu ce cynisme-là qu'ils veulent avoir miné au final.
J'espère juste, en fait, que ça va pas trop affecter la carrière d'Alejandro González Iñárritu, qui est un de nos plus grands cinéastes.
Son film précédent, il l'avait fait sur Netflix, donc c'est dur de juger le succès, mais c'est son deuxième film seulement en plus de dix ans.
J'espère qu'on attendra pas aussi longtemps pour le prochain. Peut-être qu'il va prendre un projet un peu moins polarisant ou ambitieux, mais je suis assuré qu'il va retrouver son public à un certain moment.
Est-ce que ce sera dans deux ans, ou dans dix ans, ou dans vingt ans, je sais pas. Mais il vaut assurément le détour, si vous ne l'avez pas vu, allez voir ça. Je vais pas parler beaucoup du résumé ni de tout ça, mais en gros, fable... Ouais, un film un peu post-apocalyptique d'un magnat du pétrole qui cause une catastrophe naturelle qui va impacter toute la Terre et puis qui veut se porter en sauveur pour sauver le monde, sauver l'humanité. Donc voilà.
Très belle proposition, mais c'est vraiment les décors, direction photo, costumes, maquillage, c'est là qu'on va le voir ce qui arrive fort aux Oscars. Mais en dehors de ça, ça risque d'être difficile malheureusement. Mais bon, c'est la magie du cinéma, c'est la magie du risque. Puis il faut encourager l'art et pas juste encourager le divertissement.
Donc ça, c'est une oeuvre d'art plus qu'un divertissement.
Allez voir ça. Encouragez-le. Merci beaucoup d'avoir été avec nous aujourd'hui. On se retrouve la semaine prochaine pour un autre épisode de Ciné-Histoire. D'ici là, allez voir les nombreuses nouveautés qui prennent l'affiche.
Et je rappelle, c'est ça, d'aller voir Run Terry Run. Si vous êtes dans le coin de Montréal ou de Québec, d'aller voir Jim Queen. Et sinon, d'aller voir Hanté, nouveau film québécois. Un grand merci également à Maxence Gagné de nous avoir présenté Ninochka. Et on se retrouve la semaine prochaine pour un autre épisode. Salut!